LE MAGAZINE DES SCIENCES DE L’UNIVERS EN AFRIQUE
Unir le ciel africain : le projet d’un réseau continental de VLBI

Unir le ciel africain : le projet d’un réseau continental de VLBI

Lorsqu’ils parlent de résolution, les astronomes savent que la taille est déterminante. Pour distinguer les contours extrêmement fins de l’horizon des événements d’un trou noir supermassif ou cartographier la structure complexe des jets relativistes émis par des noyaux actifs de galaxies (AGN) lointains, il faut un télescope de la taille d’un continent. Grâce à l’interférométrie à très longue base (VLBI — Very Long Baseline Interferometry), une technique qui permet de relier des radiotélescopes géographiquement éloignés afin qu’ils fonctionnent comme une seule et gigantesque ouverture virtuelle, les astronomes atteignent régulièrement une telle échelle synthétique.

Pourtant, depuis plusieurs décennies, la radioastronomie mondiale souffre d’un important angle mort géographique. L’hémisphère Nord dispose de réseaux interférométriques denses et très développés, tels que l’European VLBI Network (EVN) et le Very Long Baseline Array (VLBA) en Amérique du Nord. Dans l’hémisphère Sud, en revanche, la couverture des lignes de base reste limitée. Avec l’arrivée de la nouvelle génération de radiotélescopes, notamment le Square Kilometre Array (SKA), cette situation est toutefois sur le point de changer.

Un projet particulièrement prometteur, publié par Emmanuel K. Bempong-Manful et un consortium international de plus de 30 chercheurs sous le titre « Extending the SKA Across Africa: The Case for a Continental African VLBI Network », propose une vision transformatrice. Les auteurs soutiennent que pour véritablement jouer un rôle de premier plan mondial dans la radioastronomie à haute résolution, il ne suffit pas de construire le cœur du SKA en Afrique du Sud et en Australie. Il faut également tisser un « bras africain » constitué de radiotélescopes interconnectés et répartis sur l’ensemble du continent africain.

Combler le déficit : géométrie et résolution

En interférométrie radio, la qualité des images dépend de la couverture du plan (u,v) — le schéma d’échantillonnage spatial généré par les différentes paires de télescopes lorsque la Terre tourne. En l’absence de longues lignes de base nord-sud et de liaisons intermédiaires traversant le continent, les images radio synthétiques souffrent de fonctions d’étalement du point (point-spread functions) déformées — sous la forme de faisceaux elliptiques — ainsi que d’importantes lacunes spatiales. Cela limite la plage dynamique des observations et la capacité à détecter des structures présentant plusieurs échelles.

Actuellement, le VLBI astronomique opérationnel en Afrique repose principalement sur le Hartebeesthoek Radio Astronomy Observatory (HartRAO), en Afrique du Sud, ainsi que sur le radiotélescope de 32 mètres de l’Observatoire de radioastronomie du Ghana (GRAO), à Kuntunse, récemment converti à partir d’une antenne de télécommunications.

En installant stratégiquement des antennes de type SKA-Mid supplémentaires ou en convertissant des antennes paraboliques de télécommunications réparties à travers le continent africain, le réseau africain de VLBI (AVN) proposé permettrait de créer des géométries de lignes de base extrêmement étendues, offrant notamment :

  • Une ligne de base continentale maximale : environ 9 000 km entre Rabat, au Maroc, et Cassis, à Maurice.
  • Un gain en résolution angulaire : à fréquences d’observation équivalentes, cette ligne de base continentale permettrait d’obtenir une résolution de synthèse environ 10 % supérieure à celle du Very Large Array de nouvelle génération (ngVLA) prévu en Amérique du Nord.
  • Une synergie mondiale : la connexion des longues lignes de base africaines aux stations européennes, est-asiatiques et sud-américaines créerait une véritable grille mondiale de lignes de base homogène, renforçant les capacités d’imagerie à l’échelle du microarcseconde dans le monde entier.

Une science transformatrice à toutes les échelles cosmiques

Fonctionnant en tandem avec le réseau central SKA-Mid, un réseau VLBI couvrant l’ensemble de l’Afrique ouvrirait des perspectives observationnelles inédites, notamment :

Imagerie haute fidélité des trous noirs

Alors que l’Event Horizon Telescope (EHT) fonctionne à des longueurs d’onde millimétriques afin de capturer les ombres des horizons des événements, un réseau VLBI opérant à des longueurs d’onde centimétriques à travers l’Afrique fournirait le chaînon manquant pour cartographier les jets relativistes étendus, les flux d’accrétion et les configurations des champs magnétiques au sein des noyaux actifs de galaxies.

Précision astrométrique et phénomènes transitoires

Alors que l’astronomie temporelle entre dans une nouvelle ère — portée notamment par les alertes multimessagers provenant des détecteurs d’ondes gravitationnelles et des relevés optiques synoptiques —, l’AVN fournirait la résolution offerte par les longues lignes de base nécessaire pour localiser des phénomènes transitoires tels que les sursauts radio rapides (FRB) et les émissions tardives des sursauts gamma (GRB) jusque dans des sous-régions précises de leurs galaxies hôtes.

Au-delà de l’astronomie : capital humain et innovation durable

L’un des arguments les plus importants de l’article est que le réseau africain de VLBI serait bien plus qu’un instrument scientifique : il constituerait un moteur de souveraineté scientifique continentale et de développement technologique.

La construction, la modernisation et la maintenance de récepteurs cryogéniques, de systèmes numériques de traitement de signaux à haute vitesse, de références temporelles fondées sur des horloges atomiques — notamment les masers à hydrogène — ainsi que de chaînes de traitement de données à l’échelle du pétaoctet dans plusieurs pays nécessiteraient le développement de compétences techniques locales.

Des initiatives telles que le programme DARA (Development in Africa with Radio Astronomy) ont déjà démontré que la radioastronomie peut constituer une porte d’entrée vers la formation de jeunes scientifiques dans des domaines tels que l’analyse de données massives (big data), l’ingénierie logicielle, l’apprentissage automatique (machine learning) et le calcul haute performance (HPC).

La feuille de route proposée par Bempong-Manful et ses collaborateurs établit une progression durable : dans un premier temps, convertir des antennes de télécommunications satellitaires redondantes d’environ 30 mètres de diamètre ; puis, à plus long terme, déployer progressivement des antennes dédiées de type SKA-Mid à travers le continent.

En transformant l’étendue géographique de l’Afrique en un atout pour l’astronomie mondiale, l’AVN pourrait redéfinir le rôle du continent dans la recherche fondamentale — en veillant à ce que les institutions africaines ne se contentent pas d’accueillir des infrastructures scientifiques internationales, mais qu’elles prennent également la tête des recherches scientifiques qui façonnent notre compréhension de l’Univers.

Vue d’ensemble des sites actuellement disponibles et potentiels pour le réseau continental africain de VLBI proposé, ainsi que des autres antennes prévues ou actuellement opérationnelles. Ces emplacements illustrent une configuration possible d’un futur réseau continental africain de VLBI, avec une longueur de ligne de base maximale entre le Maroc et Maurice. (Adapté de Bempong-Manful et al., 2026.)

 

Article écrit par :
Emmanuel Bempong-Manful

Traduit par :
Prudence AYIVI

À Besely, apprendre à observer pour contribuer à la recherche

À Besely, apprendre à observer pour contribuer à la recherche

À Besely, le télescope ne sert plus seulement à montrer l’Univers. Depuis quelques années, il devient progressivement un véritable outil de recherche, accessible à des astronomes depuis Madagascar mais aussi à de jeunes chercheurs et passionnés de plusieurs pays africains.

La première École Panafricaine d’Astronomie organisée sur le campus d’Écoles du Monde en 2025 avait justement cette ambition : ne pas seulement apprendre à utiliser un télescope, mais apprendre à produire des observations qui puissent être utiles à la communauté astronomique. Pendant une semaine, les participants ont été initiés à la prise d’images, au traitement des données, à l’astrométrie et au suivi des petits corps du Système solaire. Les premières images couleur obtenues avec l’observatoire ont marqué une première étape.

Observation lors de la première école d’astronomie d’Ecoles du Monde

Mais le plus intéressant est peut-être ce qui s’est passé après leur retour.
Certains des jeunes astronomes formés à Besely ont continué à participer à des campagnes d’observation à distance. À l’automne 2025, leurs observations ont notamment contribué à l’étude de deux astéroïdes dont le caractère binaire a été identifié : (6690) Messick, (44168) 1998 JJ4 et (14708) Slaven. Pour ces travaux, les observations réalisées depuis l’Observatoire de Besely ont été intégrées à celles d’autres observatoires internationaux dans le cadre d’un programme de photométrie des astéroïdes binaires.

Capture d’écran du télégramme électronique indiquant la découverte avec le nom des observateurs depuis Besely

Ces résultats donnent un sens particulier à la formation organisée à Besely. L’objectif n’était pas simplement de former des utilisateurs capables de piloter un télescope, mais de créer progressivement un réseau d’observateurs capables de travailler ensemble, depuis différents pays et avec un même instrument.

L’activité scientifique de Besely s’est d’ailleurs poursuivie en parallèle sur d’autres objets. L’observatoire a notamment été utilisé pour observer des phénomènes transitoires, des comètes et des astéroïdes, ainsi que pour participer à des campagnes internationales. Dès 2022, les observations réalisées depuis Madagascar avaient permis de suivre la comète C/2022 U2 (ATLAS), tandis qu’en 2024, une nova dans le Sagittaire a également été observée depuis le campus.

En 2026, une nouvelle étape a été franchie. Le 2 août, des observations combinant notamment celles de Besely et de l’observatoire de Sopot ont permis de détecter le compagnon d’un astéroïde de la ceinture principale, (25251) 1998 UL25. Le compagnon, estimé à quelques centaines de mètres, orbite autour de l’astéroïde principal avec une période d’environ 13 heures. Le résultat a été annoncé dans le CBET 5731.

Capture d’écran du télégramme électronique indiquant la découverte avec le nom des observateurs depuis Besely

Pendant ce temps, la formation s’est poursuivie à Madagascar. En août 2026, une nouvelle session organisée à Écoles du Monde a permis à de nouveaux membres de Haikintana de reprendre les bases de l’observation, de l’instrumentation et du traitement des images, avec une attention particulière portée à l’autonomie dans l’utilisation du télescope robotique.

Formation à l’utilisation du télescope à Ecoles du Monde en Juillet 2026

C’est probablement là que se trouve aujourd’hui l’une des forces de Besely : construire une continuité entre formation, observation et recherche. Un jeune astronome peut venir apprendre à utiliser un télescope à Madagascar, repartir dans son pays, puis continuer à participer à une campagne scientifique avec le même instrument.

Participant à l’école d’astronomie à Ecoles du Monde en Juillet 2026

À plusieurs milliers de kilomètres des grands observatoires professionnels, un télescope installé dans la brousse malgache commence ainsi à produire autre chose que des images du ciel : il produit des compétences, des collaborations et désormais des résultats scientifiques.

Article écris par :
Andoniaina Rajaonarivelo | Observatoire Astronomique Ecoles du Monde Madagascar
Arnaud Leroy | Observatoire Astronomique Ecoles du Monde Madagascar

Les éclipses des 12 et 28 août 2026 : retour sur deux grands rendez-vous astronomiques en Afrique

Les éclipses des 12 et 28 août 2026 : retour sur deux grands rendez-vous astronomiques en Afrique

Août 2026 restera comme un mois particulièrement riche pour les observateurs du ciel. Le Soleil puis la Lune ont offert deux manifestations spectaculaires de la même mécanique céleste : une éclipse solaire partielle le 12 août, puis une éclipse lunaire partielle dans la nuit du 27 au 28 août.

Ces deux rendez-vous étaient liés. Ils appartenaient à la même « saison d’éclipses », une période d’environ 34 jours durant laquelle le Soleil, la Terre et la Lune peuvent s’aligner suffisamment près du plan orbital pour permettre des éclipses.

Ces deux événements, survenus à un peu plus de deux semaines d’intervalle, ont suscité l’intérêt des astronomes professionnels, des amateurs et du grand public. Dans cet article nous revenons sur les activités menées dans quelques pays d’Afrique autour de ces éclipses.

12 août 2026 : Une éclipse totale de Soleil

Le 12 août 2026, la Lune est passée entre la Terre et le Soleil. Cet alignement a provoqué une éclipse totale de Soleil, observable dans une bande étroite traversant notamment le Groenland, l’Islande, le nord de l’Espagne, le Portugal et certaines régions de Russie.

Alignement Soleil-Lune-Terre et zones de visibilité de l’éclipse solaire du 12 août 2026.

Au moment de la totalité, le disque de la Lune a entièrement masqué celui du Soleil. La couronne solaire, habituellement invisible à cause de l’éclat du Soleil, a alors pu être observée depuis les zones situées sur la trajectoire de l’ombre lunaire. La durée maximale de la totalité a atteint environ 2 minutes et 18 secondes.

En dehors de la bande de totalité, une éclipse partielle a été observable dans plusieurs régions du monde dont l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.

28 août 2026 : Une éclipse lunaire partielle

Deux semaines plus tard, la configuration s’est inversée. Dans la nuit du 27 au 28 août 2026, la Terre s’est interposée entre le Soleil et la Lune. La Lune est alors entrée dans l’ombre de notre planète, donnant lieu à une éclipse lunaire partielle.

Le phénomène a commencé dans la nuit du 27 au 28 août, selon les fuseaux horaires. Au maximum de l’éclipse, environ 96 % du disque lunaire se trouvait dans la partie la plus sombre de l’ombre de la Terre, appelée l’ombre propre ou l’ombre centrale. Malgré cette couverture très importante, l’éclipse est restée partielle, car une petite partie de la Lune n’a pas été totalement plongée dans l’ombre.

L’éclipse a été visible dans une grande partie des Amériques, de l’Europe et de l’Afrique.

Alignement Soleil- Terre-Lune et zones de visibilité de l’éclipse lunaire du 28 août 2026.

Pendant la phase maximale, la portion de la Lune plongée dans l’ombre a pris une teinte sombre, parfois cuivrée ou rougeâtre. Une partie de la lumière solaire traverse l’atmosphère terrestre avant d’atteindre la Lune. L’atmosphère diffuse davantage les courtes longueurs d’onde bleues et laisse mieux passer les teintes rouges et orangées. La lumière réfractée vers l’intérieur de l’ombre donne alors à la partie éclipsée une faible lueur rougeâtre.

Deux éclipses, un seul ballet céleste

Pourquoi ces deux éclipses ont-elles eu lieu à seulement un peu plus de deux semaines d’intervalle?

La réponse se trouve dans l’orbite de la Lune. La Lune ne tourne pas autour de la Terre exactement dans le même plan que l’orbite terrestre autour du Soleil : son plan orbital est incliné d’environ 5°. La plupart du temps, lors de la nouvelle Lune, notre satellite passe donc légèrement au-dessus ou au-dessous du Soleil dans le ciel. Son ombre ne rencontre pas la Terre et aucune éclipse solaire ne se produit. De même, lors de la pleine Lune, la Lune passe généralement au-dessus ou au-dessous de l’ombre terrestre.

Il existe cependant deux périodes privilégiées chaque année : les saisons d’éclipses. Elles se produisent lorsque le Soleil se trouve suffisamment près de l’un des deux nœuds, c’est-à-dire des points où l’orbite de la Lune coupe le plan de l’écliptique.

les noeuds lunaires

Si une nouvelle Lune se produit près d’un nœud, les conditions sont réunies pour une éclipse solaire. Environ une demi-lunaison plus tard, soit un peu plus de 14 jours, arrive la pleine Lune. Comme la géométrie générale reste encore favorable pendant cette même saison d’éclipses, la Lune peut alors traverser l’ombre de la Terre et produire une éclipse lunaire.

C’est exactement le scénario observé en août 2026 : l’éclipse solaire du 12 août a été suivie, 16 jours plus tard, par l’éclipse lunaire partielle de la nuit du 27 au 28 août.

Il faut toutefois préciser un point important : cela ne signifie pas que chaque éclipse solaire est automatiquement suivie d’une éclipse lunaire. Les alignements doivent être suffisamment précis. La durée et la géométrie de la saison d’éclipses déterminent si la pleine Lune suivante passe réellement dans l’ombre terrestre et si une éclipse observable se produit.

Le phénomène est donc moins une « paire magique » qu’une conséquence naturelle de la mécanique orbitale de la Lune. Les deux éclipses sont les deux manifestations possibles d’une même proximité avec le plan de l’écliptique : lors de la nouvelle Lune, la Lune peut projeter son ombre sur la Terre ; lors de la pleine Lune, la Terre peut projeter son ombre sur la Lune.

À retenir : une saison d’éclipses dure environ 34 jours. Une nouvelle Lune et une pleine Lune séparées d’un peu plus de 14 jours peuvent alors produire, lorsque les alignements sont favorables, une éclipse solaire puis une éclipse lunaire.

 



L’éclipse solaire du 12 août 2026 vue de l’Algérie

L’éclipse solaire partielle du 12 août 2026 était visible dans plusieurs wilayas d’Algérie. Des milliers de personnes ont levé les yeux vers le ciel en fin de journée pour observer le phénomène.

Dans le nord, le taux d’occultation a atteint presque 98 %, tandis que vers l’est et le sud, le chiffre baissait nettement. À Alger, l’éclipse a commencé à 18 h 42 et a atteint son maximum à 19 h 35, avec 98,6 % du Soleil caché (pour plus de détails : https://www.craag.dz/eclipse2026/leclipse).

Cette année, l’éclipse a suscité un intérêt exceptionnel. Les médias en ont beaucoup parlé, c’est vrai. Mais pas seulement eux : les autorités aussi se sont mobilisées. Le ministère de la Jeunesse a organisé une observation à l’échelle nationale, encadrée par des associations et des clubs de jeunes et d’astronomie.

Le moment le plus fort a eu lieu du côté des camps d’été. Des télescopes professionnels avaient été installés, et plus de 3 000 enfants, venus des centres de vacances de tout le pays, se sont succédé pour regarder le Soleil en toute sécurité. « C’est la concrétisation du projet pédagogique unifié », soulignait Youcef Koratbi, sous-directeur au ministère de la Jeunesse.

Cette mobilisation n’a pas été isolée. Derrière la journée des camps d’été, une vraie chaîne nationale s’était montée. Pilotée par l’Association Sirius pour l’astronomie, elle a réuni plus de 20 associations et clubs, de l’est à l’ouest, du nord au sud du pays. Au total, 11 wilayas étaient couvertes, avec 21 sites d’observation, autour de 200 encadrants et près de 6 000 participants. Pour que chacun regarde sans risque, plus de 500 lunettes spéciales avaient été envoyées aux clubs partenaires, sur un total d’environ 1 500 lunettes utilisées ce jour-là.

Certains sites ont rassemblé une foule hors du commun. À Ténès, sur la plage centrale de la wilaya de Chlef, environ 1 000 jeunes des camps d’été et plus de 2 000 estivants et habitants ont suivi l’éclipse ensemble. Le professeur Nidhal Guessoum, astrophysicien algérien connu, y a expliqué le phénomène au public, pendant qu’un drone, autorisé spécialement pour l’occasion, filmait la foule depuis le ciel.

Les enfants des colonies de vacances à la découverte de l’éclipse solaire partielle à Ténès, Chlef

Le Club d’Astronomie ‘Le Phoenix’ à l’œuvre

Pour voir cette journée de plus près, on a eu la chance de contacter un club qui avait organisé une observation : ‘Le Phoenix’ affilié à la Ligue de wilaya de Sétif pour les activités scientifiques et techniques.

Le rendez-vous était donné à Jebel Youcef, dans la commune de Guidjel, à Sétif. Une équipe de 10 membres avait préparé l’événement, et une soixantaine de personnes sont venues, de tous les âges et de tous les horizons.

Sur place, chacun a été accueilli et sensibilisé à l’importance d’observer le Soleil en toute sécurité. Quarante lunettes spéciales avaient été prévues, ainsi qu’un télescope équipé d’un filtre solaire certifié. Les membres du club ont aussi pris le temps d’expliquer le phénomène : comment se produit une éclipse, et comment l’observer sans risque.

La journée s’est déroulée dans un cadre rassurant. Des représentants de la Gendarmerie nationale, des services de la Conservation des forêts et de la Protection civile étaient sur place, pour veiller à la sécurité et au bon déroulement de l’activité.

Les participants ont pu observer, poser des questions et en apprendre davantage sur les éclipses solaires, dans une ambiance à la fois scientifique et conviviale.

En images : la journée du Phoenix

Le concours photo de l’éclipse en Algérie

Pour encourager les passionnés de photo, un concours de la meilleure photo de l’éclipse a été lancé par l’Association d’Astronomie Sirius, sous le patronage du ministère de la Jeunesse.
Soixante-sept photos sont arrivées, avec une belle diversité d’idées et de styles, et le jury n’a pas eu la tâche facile. Il réunissait des astrophotographes algériens, le président de la Société tunisienne d’astronomie, et le directeur de l’Observatoire Charles Fehrenbach, Prisches, France. Au finale, trois clichés se sont démarqués. Abdouldjalil Djarri a pris la première place, avec une photo réalisée à Ténès, dans la wilaya de Chlef. Houmame Khelili a suivi, pour une image prise au phare de Ras El Hadid, à Skikda. Gouadjelia Tarek complète le podium, depuis Aïn M’lila, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi. Chacun s’est vu remettre une somme pour son travail.

1er Prix_Abdouldjalil Djarri_Ténès, Chlef

 

2e prix_Houmame Khelili_Cap de Fer Skikda

 

3e Prix_Gouadjelia Tarek_Ain M’lila, Oum El Bouaghi

L’éclipse luanire du 28 Août

Quant à  l’éclipse lunaire, elle reste un souvenir discret dans le ciel algérien. Dans la nuit du 27 au 28 août 2026, une éclipse lunaire partielle très profonde a plongé plus de 90 % du disque lunaire dans l’ombre de la Terre. Visible depuis l’Algérie, elle a atteint son maximum à 5 h 12 du matin, quand la Lune a pris cette teinte rougeâtre que lui donne la lumière du Soleil filtrée par l’atmosphère. Elle s’est ensuite couchée vers 6 h 22 à l’ouest, laissant filer la fin du spectacle. Cette fois, l’éclipse lunaire a été bien moins suivie que celle du Soleil, surtout parce qu’elle s’est jouée au petit matin, à une heure où presque tout le monde dormait. Finalement, ils sont peu nombreux à en avoir gardé une image, surtout des astrophysiciens, des passionnés de clubs d’astronomie et quelques photographes qui ont veillé avant l’aube.

Éclipse lunaire partielle au-dessus de Constantine prise par Abdouldjalil Djarri – nuit du 27 au 28 août 2026 (Lune de l’Esturgeon, éclipsée à 96 %).



En Côte d’Ivoire, l’éclipse lunaire observée dans toute sa splendeur

Dans plusieurs régions du monde, l’éclipse solaire du 12 Août a attiré l’attention de nombreux observateurs, mais en Côte d’Ivoire, sa visibilité est restée très limitée. À Abidjan notamment, l’éclipse n’était pas du tout visible. Pour le grand public, il s’agissait donc davantage d’un événement astronomique signalé dans l’actualité que d’un spectacle réellement observable.

Quelques jours plus tard, dans la nuit du 27 au 28 août 2026, la situation a été tout autre. L’éclipse lunaire a offert aux Ivoiriens un spectacle complet, visible du début à la fin. La Lune, pleine au départ, est progressivement entrée dans l’ombre de la Terre, prenant une teinte plus sombre avant de se transformer peu à peu sous les yeux des observateurs.

Ce phénomène avait un avantage majeur : il était simple à voir, sans instrument particulier ni précaution complexe. Contrairement à l’éclipse solaire, qui exige des protections spécifiques pour être observée sans danger, l’éclipse lunaire pouvait être suivie à l’œil nu, depuis une cour, une terrasse, un toit, ou un espace dégagé. C’est précisément cette accessibilité qui a permis à un large public de profiter du spectacle.

Une activité d’observation collective de l’éclipse lunaire

À l’occasion de cette éclipse lunaire, l’Association ivoirienne d’astronomie a organisé une activité d’observation dans la nuit du 28 août 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny.

L’observation a débuté dès minuit et s’est poursuivie jusqu’à 5 heures du matin. Une quinzaine de participants ont pris part à cette rencontre, qui s’est déroulée en présence de plusieurs membres de l’association, dont son président.

À l’aide d’un télescope et des jumelles, les participants ont suivi les différentes étapes de l’éclipse.

Les différents stades de l’éclipse lunaire observés et photographiés par l’équipe de l’Association Ivoirienne d’Astronomie

Les membres de l’association ivoirienne d’astronomie (AIA) ont profité de l’occasion pour expliquer les mécanismes de l’éclipse lunaire : l’alignement entre le Soleil, la Terre et la Lune, l’entrée progressive de l’astre dans l’ombre terrestre, la différence entre pénombre et ombre totale. Ce fut aussi un moment important de vulgarisation scientifique. L’objectif n’était pas seulement d’observer, mais aussi de comprendre. Elle a permis aux participants de vivre l’événement dans un cadre convivial tout en approfondissant leurs connaissances en astronomie.

L’équipe de l’Association Ivoirienne d’Astronomie lors de l’observation de l’éclipse lunaire

Une éclipse également suivie depuis les domiciles

L’éclipse n’a pas été observée uniquement sur le site de l’Université Félix Houphouët-Boigny. Plusieurs participants ont également suivi le phénomène depuis leur domicile.

Des photographies prises par certains observateurs ont d’ailleurs été transmises à l’Association ivoirienne d’astronomie. Ces images ont témoigné de l’intérêt suscité par l’éclipse et de la mobilisation de passionnés à travers différents lieux. Elles ont également permis de compléter les observations réalisées sur le site de l’Université Félix Houphouët-Boigny et de montrer que l’événement avait été suivi par un public plus large que les seuls participants présents sur place.

Photographie de l’éclipse depuis leur domicile, Abidjan Côte d’Ivoire. Crédit Photo Professeur Allialy Marc Ephrem

 

Photographie de l’éclipse depuis leur domicile, Abidjan Côte d’Ivoire. Crédit Photo Ossey Ryan

 

Photographie de l’éclipse depuis leur domicile, Abidjan Côte d’Ivoire. Crédit Photo Egny Asia Marguérite

Une initiative de vulgarisation scientifique

Par cette activité, l’Association ivoirienne d’astronomie a contribué à rendre l’astronomie plus accessible au public ivoirien. La présence de ses membres et de son président a favorisé les échanges avec les participants et a permis de répondre à leurs questions.

Cette rencontre a aussi encouragé l’observation du ciel et l’intérêt pour les phénomènes célestes. Elle a montré que l’astronomie pouvait être pratiquée aussi bien avec des instruments spécialisés que depuis son domicile, à condition de disposer d’un ciel suffisamment dégagé.

 



Retour sur les éclipses observées depuis la Tunisie

En Tunisie, la totalité de l’éclipse solaire n’était pas visible: la Lune ne masquait qu’une partie du disque solaire. À Tunis, le maximum de l’éclipse a eu lieu vers 19 h 11, heure locale, avec environ 50 % de couverture du disque solaire. Le phénomène s’est produit très près du coucher du Soleil et s’est terminé alors que le Soleil était déjà au voisinage de l’horizon. Cette configuration a transformé l’observation en un véritable spectacle de « Soleil éclipsé au coucher ».

À Sidi El Jihmi, Une éclipse observée collectivement

À Sidi El Jihmi, à Salimen, l’Institut National de la Météorologie a organisé, en collaboration avec la Société Astronomique de Tunisie, une opération d’observation au bord de la mer. Télescopes équipés pour l’observation solaire, instruments de projection et dispositifs d’observation ont permis au public de suivre l’évolution de l’éclipse en toute sécurité.

Les images de cette journée montrent une autre dimension du phénomène : l’éclipse est aussi un moment de rencontre entre la science et le grand public. Autour des instruments, enfants, familles et passionnés se sont retrouvés pour observer le même événement et échanger sur ce qui se déroulait dans le ciel.

L’observation de l’éclipse solaire à Sidi El Jihmi, Salimen, le 12 août 2026

À Bouhjar, l’observation accompagnée par la pédagogie

À Bouhjar, dans le gouvernorat de Monastir, la Société Astronomique de Tunisie, section de Bouhjar, a également organisé une activité consacrée à l’éclipse. Une présentation pédagogique sur les éclipses a

précédé l’observation. Schémas, explications et observation directe ont ainsi été associés pour permettre aux participants de comprendre la géométrie du phénomène avant de la voir dans le ciel.

Photographies de l’activité d’observation et de sensibilisation organisée à Bouhjar, dans le gouvernorat de Monastir.

Des photographies réalisées depuis différentes régions tunisiennes

Elles montrent la diversité des paysages sous lesquels l’éclipse a été observée. À Sidi Boubaker, dans le gouvernorat de Gafsa, Nour El Houda Khlaifia a photographié plusieurs phases de l’éclipse solaire. À travers cette série, le déplacement apparent de la Lune devant le Soleil devient particulièrement visible.

Phases de l’éclipse solaire du 12 août 2026 photographiées depuis Sidi Boubaker, gouvernorat de Gafsa. Photos : Nour El Houda Khlaifia.

D’autres images, notamment celles de l’astrophotographe Mohamed Messaoudi, viennent compléter ce témoignage photographique de l’éclipse solaire du 12 août.

Éclipse solaire partielle du 12 août 2026. Photo: Mohamed Messaoudi, astrophotographe.

28 août : la Terre entre le Soleil et la Lune

En Tunisie, l’éclipse a commencé pendant la nuit. À Tunis, l’entrée dans la pénombre a débuté vers 2 h 23, l’éclipse partielle vers 3 h 33 et le maximum a été atteint vers 5 h 12. À ce moment, la Lune était très basse à l’horizon ouest-sud-ouest et s’est couchée peu après, vers 5 h 52. La phase partielle continuait au-delà de son coucher et n’était donc plus directement observable depuis Tunis. Au maximum, l’éclipse était très profonde : environ 93 % du diamètre lunaire se trouvait dans l’ombre terrestre pour les observateurs de Tunis.

La Nuit des Étoiles à la Cité des Sciences

Cette éclipse lunaire a également été l’un des temps forts de la 23e édition de la Nuit des Étoiles, organisée à la Cité des Sciences de Tunis dans la nuit du 27 au 28 août. La Société Astronomique de Tunisie y a participé avec une exposition et plusieurs ateliers et activités d’animation scientifique.

Les photographies prises sur place montrent les télescopes installés pour le public, les membres de l’association en pleine médiation et les visiteurs venus découvrir le ciel nocturne. La soirée rappelle que l’observation astronomique ne se limite pas à regarder un phénomène : elle permet aussi de poser des questions, de comprendre les mécanismes célestes et de partager les connaissances.

Photographies de la 23e édition de la Nuit des Étoiles à la Cité des Sciences de Tunis, les 27–28 août 2026.

Une nuit d’observation à Borj Cédria

À Borj Cédria, la Société Astronomique de Tunisie a également organisé une manifestation scientifique à l’occasion de l’éclipse lunaire partielle observable à l’aube du 28 août, au Centre international de camping de Borj Cédria. Là encore, jeunes participants et passionnés ont pu se retrouver sous le ciel nocturne pour suivre l’événement.

Une manifestation scientifique organisée au Centre international de camping de Borj Cédria à l’occasion de l’éclipse lunaire du 28 août 2026.

Des photographies réalisées depuis différentes régions tunisiennes

Les photographies d’Abd al-Hadi Al-Adib, astrophotographe, permettent de suivre différentes phases de l’éclipse. La succession des images montre la progression de l’ombre terrestre sur le disque lunaire.

Différentes phases de l’éclipse lunaire partielle du 28 août 2026. Photos : Abd al-Hadi Al-Adib.

D’autres photographies apportent un regard complémentaire sur le phénomène. Nour El Houda Khlaifia a notamment capturé la Lune partiellement éclipsée depuis la région de Monastir. Une autre image, réalisée depuis Borj Cédria par le Dr Sofien Kamoun, président de la Société Astronomique de Tunisie, montre une Lune dont une grande partie est déjà plongée dans l’ombre, tandis qu’un croissant encore fortement éclairé subsiste sur le bord du disque.

À gauche : photographie de Nour El Houda Khlaifia depuis Monastir. À droite : photographie de Dr Sofien Kamoun depuis Borj Cédria.

Les images recueillies en Tunisie racontent ainsi une histoire en deux temps. Le 12 août, les observateurs ont levé les yeux vers un Soleil dont une partie était masquée par la Lune. Le 28 août, ils ont retrouvé la Lune elle-même partiellement plongée dans l’ombre de notre planète.

Pour les astronomes amateurs et les associations tunisiennes, cette période aura surtout été l’occasion de faire de l’observation un moment de partage. Des côtes de Sidi El Jihmi à Bouhjar, de Sidi Boubaker à Tunis et Borj Cédria, les éclipses d’août 2026 ont été suivies, expliquées et photographiées par des observateurs de tous âges.

Au-delà de la beauté des images, elles nous rappellent une chose essentielle en astronomie : les grands spectacles du ciel ne sont pas des événements isolés. Ils sont les conséquences visibles d’une mécanique précise, régulière et prévisible, qui relie intimement le Soleil, la Terre et la Lune.

 



Une mobilisation nationale autour de l’éclipse solaire au Sénégal

À défaut d’observer une éclipse solaire totale, le Sénégal a eu sa part du spectacle le 12 août, avec une occultation de 37 % du Soleil, observable aux environs de 19 h 10

Différents moyens ont été déployés pour permettre au public d’observer le phénomène en toute sécurité : lunettes certifiées, projection sur écran ou tableau blanc, télescopes équipés de filtres solaires, ainsi que d’autres dispositifs d’observation.

Une mobilisation nationale autour de l’éclipse solaire du 12 août 2026 au Sénégal

Ce fut un événement vécu avec beaucoup d’enthousiasme un peu partout dans le pays, notamment à Dakar, Guédiawaye, Thiès, Mbour, Saint-Louis, Kolda, etc. La mobilisation a également été importante au niveau individuel. Plusieurs personnes se sont procuré des lunettes d’observation à travers le NOC-Sénégal et ont pu témoigner de l’observation du phénomène en famille, depuis leur domicile.

Différentes organisations ont contribué à cette mobilisation, notamment l’Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie (ASPA, l’Agence Sénégalaise d’Études Spatiales (ASES), et le National Outreach Coordinator du Sénégal (NOC-Sénégal).

Une reconnaissance particulière revient à toutes les initiatives qui ont permis de contribuer au succès de cet événement, notamment par la mise à disposition de moyens d’observation — télescopes, lunettes astronomiques, filtres solaires, etc. — ainsi que par les actions de communication et l’organisation sur le terrain. Nous pensons notamment au NOC-Sénégal/OAO-IAU, à SeneSTEM, à L’Astronomie Afrique, à l’AFIPSS, à la SSVI, à la SEE, à l’AFAS, à A4E, ainsi qu’à toutes les autres structures et personnes engagées dans cette mobilisation.

L’événement a également bénéficié d’une importante couverture médiatique, avec la présence de plusieurs médias sur la Corniche Ouest de Dakar le jour même. Le lendemain, différentes chaînes nationales ont consacré des émissions à l’événement, avec la participation d’experts du domaine, afin d’expliquer au public les phénomènes scientifiques associés à cette éclipse solaire.

Ce fut un magnifique moment au cours duquel la famille des passionnés de sciences, d’astronomie et du spatial s’est réunie pour témoigner ensemble de cet événement astronomique, désormais inscrit dans les archives de l’astronomie sénégalaise.

La diversité du public présent témoigne également de l’ampleur de cette mobilisation : élèves, étudiants, enseignants, professeurs d’université, mais aussi pères, mères, grands-mères et grands-pères venus accompagner leurs enfants et petits-enfants pour vivre ensemble ce moment exceptionnel.

De nombreuses organisations présentes sur la Corniche ont également contribué à cette dynamique, notamment Aprophycs (Association des Professeurs de Physique du Sénégal), SenPhysics (Club des étudiants en Physique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar), Solidarité Active, engagée dans la promotion de la scolarisation des filles et de l’autonomisation des femmes, ainsi que LayePro, spécialisé dans la production d’images en lien avec la nature, entre autres acteurs mobilisés pour témoigner de ce phénomène.

Cet événement a également permis de révéler et de confirmer l’émergence de talents, notamment dans le domaine de l’astrophotographie, au sein de cette jeune génération sénégalaise. Ces talents méritent d’être davantage valorisés, mis en lumière et accompagnés afin de contribuer pleinement au développement et au rayonnement du secteur spatial sénégalais.

Être témoins d’un tel engouement nous pousse et nous motive davantage à renouveler notre engagement en faveur de la formation et de la recherche. Ces deux dimensions demeurent des défis importants à relever pour nourrir, structurer et accompagner cette passion croissante pour l’astronomie et les sciences spatiales, au bénéfice du Sénégal et, plus largement, de l’Afrique.

Observation par projection sur tableau blanc, Corniche Ouest Dakar

 

Astrophotographie avec utilisation de filtre dédié, Corniche Ouest Dakar

 

Observation à l’oculaire avec Skywatcher muni d’un filtre, Corniche Ouest Dakar

 

Observations avec une méthode artisanale, Corniche Ouest Dakar

 

Observation avec lunette astronomique (SSVI) munie de filtre et lunettes certifiées, Saint Louis et Kolda

 

Observation avec lunettes certifiées, Guédiawaye, Mbour et Thiès

 

Observation en famille avec des lunettes certifiées

 

Séquence d’image de l’éclipse réalisé e par l’astrophographe Laye Pro

 

Participation d’experts sénégalais, dont Dre Salma SYLLA, à différentes émissions diffusées sur les chaînes de télévision nationales afin d’expliquer au public les aspects scientifiques liés à l’éclipse solaire.

 



Maroc,  Deux éclipses pour observer partager et préparer 2027

Au Maroc, les deux éclipses du mois d’août 2026 ont constitué bien davantage que deux rendez-vous astronomiques. Elles offrent une occasion privilégiée de rapprocher la science du public, de sensibiliser les jeunes à l’astronomie et de mettre en valeur le rôle que peuvent jouer les observatoires et les associations dans la diffusion de la culture scientifique.

Pour l’Observatoire de l’Oukaïmeden (OUCA) de l’Université Cadi Ayyad, ces événements s’inscrivent pleinement dans une mission qui associe recherche, formation, observation et ouverture vers la société.

12 Août : Marrakech sous un Soleil éclipsé

Le 12 août 2026, l’éclipse solaire a suscité un vif intérêt auprès du public marocain. À Marrakech, une manifestation d’observation et de sensibilisation a été organisée à Atlas Golf Marrakech, avec la participation de l’Observatoire de l’Oukaïmeden et de l’association 3AM.

Depuis Marrakech, le phénomène était particulièrement spectaculaire, avec environ 83 % du disque solaire occulté au maximum. Le rendez-vous a permis à un public composé de familles, de jeunes, d’étudiants et de passionnés d’astronomie de découvrir directement l’un des phénomènes célestes les plus impressionnants accessibles à tous.

Le Soleil partiellement éclipsé au-dessus de Marrakech. Atlas golf Marrakech/OUCA / UCA – 3AM

 

Observation avec lunettes solaires près de la coupole. © OAtlas golfMarrakech/OUCA / UCA – 3AM

L’objectif n’était cependant pas uniquement d’observer. Une attention particulière a été accordée à la sensibilisation aux bonnes pratiques d’observation du Soleil. Les échanges avec le public ont permis de rappeler qu’une éclipse solaire ne doit jamais être observée directement sans une protection adaptée.

Des lunettes certifiées pour l’observation solaire, mises à disposition grâce à l’African Astronomical Society (AfAS), ont permis au public de suivre le phénomène en toute sécurité. Ces lunettes provenaient d’une initiative liée à l’Assemblée générale de l’Union Astronomique Internationale organisée au Cap, en Afrique du Sud, en 2024.

Public réuni pour suivre l’éclipse à Marrakech. Atlas golf Marrakech/OUCA / UCA – 3AM

 

Croissant solaire observé avec un dispositif adapté. © Atlas golf Marrakech/OUCA / UCA – 3AM

L’événement a également permis d’expliquer simplement le mécanisme d’une éclipse, les mouvements relatifs du Soleil, de la Terre et de la Lune, ainsi que les méthodes utilisées par les astronomes pour observer notre étoile.

C’est précisément dans ce type de manifestation que l’astronomie révèle toute sa force pédagogique. Un phénomène céleste visible par tous devient une porte d’entrée vers la physique, les mathématiques, l’instrumentation et les sciences spatiales. L’émerveillement conduit naturellement aux questions, et les questions constituent souvent le premier pas vers la démarche scientifique.

De Marrakech à l’Oukaïmeden, l’astronomie au plus près du public

L’événement du 12 août illustre la complémentarité entre les activités scientifiques menées à l’Observatoire de l’Oukaïmeden et les actions organisées directement auprès du public.

Situé à environ 2 750 mètres d’altitude dans le Haut Atlas, l’OUCA est avant tout un observatoire de recherche. Ses instruments participent à plusieurs programmes internationaux consacrés notamment aux exoplanètes, aux petits corps du Système solaire, aux étoiles variables, aux météores et à la surveillance de l’environnement spatial.

Mais la mission d’un observatoire universitaire ne peut se limiter à produire des données scientifiques. L’OUCA accorde également une place importante à la formation des étudiants, à l’éducation scientifique et au partage de l’astronomie avec la société.

Les éclipses sont particulièrement adaptées à cette mission : nul besoin d’être spécialiste pour être impressionné lorsque le Soleil disparaît progressivement derrière la Lune ou lorsque l’ombre de la Terre transforme l’aspect de notre satellite.

28 août : La Lune prend le relais

Après le Soleil, c’est la Lune qui a attiré l’attention des observateurs à la fin du mois d’août. Le phénomène du 28 août a offert une nouvelle occasion de partager l’astronomie sous une forme différente. Contrairement à une éclipse solaire, dont l’observation nécessite impérativement des protections appropriées, une éclipse lunaire peut être suivie directement à l’œil nu, ce qui en fait un événement particulièrement accessible au grand public.

Les observations et images réalisées ont permis de suivre l’évolution du phénomène et de montrer progressivement l’effet de l’ombre terrestre sur le disque lunaire.

Première phase observée de l’éclipse lunaire du 28 août 2026. © Observatoire Oukaimeden/HAWK / UCA

 

Progression de l’ombre terrestre sur le disque lunaire. © Observatoire Oukaimeden/HAWK / UCA

 

Phase avancée de l’éclipse lunaire observée depuis l’Oukaïmeden. © Observatoire Oukaimeden / HawK/UCA

 

Vue du ciel par les caméras all-sky MOSS et HAWK durant la nuit d’observation. © OUCA / MOSS / HAWK

Pour les étudiants et le public, une éclipse lunaire constitue également une remarquable démonstration à l’échelle du ciel. Elle permet de comprendre directement la géométrie du système Soleil–Terre–Lune et de montrer comment l’observation d’un phénomène relativement simple peut conduire à des questions scientifiques beaucoup plus larges.

L’astronomie comme passerelle entre recherche et société

Ces événements rappellent que l’astronomie est bien plus que l’étude des astres. Elle possède une capacité exceptionnelle à éveiller la curiosité et à susciter des vocations scientifiques, particulièrement auprès des jeunes.
Observer le ciel conduit rapidement à s’interroger : pourquoi une éclipse se produit-elle ? Pourquoi n’en observons-nous pas tous les mois ? Comment pouvons-nous prévoir leur trajectoire plusieurs décennies à l’avance ? Comment les astronomes mesurent-ils les distances et les mouvements des objets célestes ?
À travers ces questions, l’astronomie devient une porte d’entrée vers de nombreuses disciplines scientifiques et technologiques : physique, mathématiques, optique, électronique, instrumentation, informatique, traitement d’images, robotique, Big Data et intelligence artificielle.
C’est aussi cette dimension que l’OUCA cherche à transmettre à travers ses activités de formation et de sensibilisation : observer le ciel pour donner envie de comprendre la science.

Déjà tournés vers l’éclipse totale de 2027

L’éclipse du 12 août 2026 avait enfin une dimension particulière pour le Maroc : elle constituait en quelque sorte une répétition grandeur nature avant un rendez-vous astronomique autrement plus exceptionnel.
Le 2 août 2027, une éclipse totale de Soleil traversera le nord du Maroc. Le pays se trouvera alors sur la bande de totalité, offrant à certaines régions des conditions remarquables pour observer le Soleil entièrement occulté par la Lune.
Cet événement représente une opportunité exceptionnelle pour développer au Maroc une mobilisation associant universités, observatoires, associations d’astronomie, établissements scolaires, collectivités, acteurs du tourisme scientifique et partenaires internationaux.
L’expérience acquise lors des événements d’août 2026 sera précieuse, notamment pour organiser l’accueil du public, diffuser les bonnes pratiques d’observation, former des médiateurs scientifiques et préparer des activités pédagogiques à destination des jeunes.
Pour l’Observatoire de l’Oukaïmeden, l’ambition est de contribuer à faire de l’éclipse totale de 2027 non seulement un grand spectacle céleste, mais également un moment fort de culture scientifique au Maroc et en Afrique.
Les éclipses passent en quelques minutes ou quelques heures. Mais l’émerveillement qu’elles provoquent peut durer beaucoup plus longtemps. C’est là toute la force de l’astronomie : lever les yeux vers le ciel pour éveiller la curiosité, partager la science et donner aux nouvelles générations l’envie d’explorer l’Univers.



Conclusion

Les éclipses des 12 et 28 août 2026 ont offert deux spectacles célestes exceptionnels et rappelé la richesse des phénomènes astronomiques observables depuis l’Afrique. D’un pays à l’autre, astronomes amateurs, associations, chercheurs et passionnés se sont mobilisés pour partager leurs connaissances et rapprocher le public des sciences du ciel.
Au-delà de leur beauté, ces éclipses ont constitué de véritables occasions d’éducation, de sensibilisation et de partage. Elles montrent que l’astronomie peut rassembler les peuples autour d’une même curiosité : celle de comprendre et de contempler l’Univers.


Article écris par :
Petanki SORO | Membre de l’Association Ivoirienne d’Astronomie (Côte d’Ivoire ) ;
Samira Yalla | Enseignante vacataire à l’université de Bouira, Algérie (Algérie) ;
Chaima Bhibah | Membre de la Société Astronomique de Tunisie (Tunisie) ;
Salma Sylla Mbaye | NOC-Senegal / OAO, SeneSTEM, Membre de l’Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie (Sénégal) ;
Pr Abdelmajid Benhida | Directeur de l’Observatoire de l’Oukaïmeden Université Cadi Ayyad – Marrakech (Maroc).

Quatorze milliards d’années d’évolution d’amas globulaires simulées sur un supercalculateur

Quatorze milliards d’années d’évolution d’amas globulaires simulées sur un supercalculateur

Simulation d’un amas globulaire initialement en rotation rapide, contenant 1,5 million d’étoiles. Il est vu sur cette image comme s’il était observé, à un âge de 12 milliards d’années, à une distance de 800 kpc, par l’instrument NIRCam du télescope spatial James-Webb. (Crédit : Bianchini et al. [1])

Les amas globulaires figurent parmi les plus anciens ensembles d’étoiles de l’Univers. Ils sont omniprésents dans l’environnement des galaxies autour desquelles ils tournent. Les amas globulaires sont aussi des objets abondamment observés. La compréhension de leurs propriétés implique de connaître l’évolution physique et chimique des étoiles, et l’étude de leurs mouvements.
Les mouvements des étoiles d’un amas globulaire se font sous l’influence des autres étoiles de l’amas. En première approximation, elles tournent autour du centre de l’amas. Mais comment ? Tournent-elles toutes dans le même sens ou dans des directions quelconques ? Comment leurs vitesses se répartissent-elles ? Des observations effectuées à partir des années 2010 ont montré que malgré la forme sphérique des amas globulaires, la vitesse des étoiles n’est pas dirigée uniformément dans toutes les directions (on dit que la distribution des vitesses est anisotrope), et que les amas globulaires sont en rotation. C’est-à-dire que les étoiles ont tendance à tourner autour du centre de l’amas dans le même sens.
Cependant, les étoiles ne tournent pas sagement sur des orbites elliptiques. Elles interagissent les unes avec les autres de manière complexe. Dans les régions denses en étoiles, des interactions à très courte distance sont possibles, entraînant la formation d’étoiles doubles (captures) ou, au contraire, l’éjection d’étoiles hors de l’amas. Les étoiles ou les supernovae résultant de leur explosion peuvent aussi acquérir des vitesses importantes. Les étoiles de l’amas évoluent aussi sous l’influence gravitationnelle de la galaxie autour de laquelle ces amas évoluent. En effet, lorsque l’amas est proche de sa galaxie, des différences notables de force de gravitation exercées par la galaxie entre des côtés opposés de l’amas peuvent le distordre (effet de marée) et arracher des étoiles à l’amas. Celles-ci forment alors comme une sorte de ruban d’étoiles dans le sillage de l’amas, que l’on appelle un courant de marée.
Des simulations des amas globulaires effectuées actuellement tiennent compte de l’évolution des étoiles de l’amas, depuis leur création jusqu’à leur transformation en naines blanches, en étoiles à neutrons ou en trous noirs, mais aussi de leurs mouvements dans l’amas, pouvant inclure la création et l’évolution des systèmes d’étoiles doubles. Des simulations tiennent compte également du mouvement des étoiles sous l’influence de la galaxie hôte. Tout cela est possible à présent avec des supercalculateurs, même en prenant en compte un nombre réaliste d’étoiles, lequel est de l’ordre du million.

Les simulations ont montré qu’au commencement de l’évolution des amas globulaires, des instabilités entraînent une migration des étoiles des régions internes de l’amas à des distances encore plus proches du centre. On parle d’effondrement du cœur. Cela accroît significativement la densité d’étoiles dans les régions centrales de l’amas, alors que les régions externes gardent une densité en étoiles plus faible. De plus, les étoiles de forte masse (y compris les trous noirs) sont entraînées plus efficacement que les étoiles légères dans cet effondrement. On appelle ce phénomène la ségrégation de masse. Cette ségrégation tend à regrouper les étoiles massives vers le centre de l’amas, en laissant les étoiles plus légères dans les régions moins denses de la périphérie.
Lorsque la densité au cœur de l’amas est assez élevée pour que les interactions entre étoiles proches permettent la formation d’un assez grand nombre d’étoiles doubles, la dynamique change, et l’effondrement du cœur cesse progressivement.
Comme il a été établi que les amas globulaires sont généralement en rotation, un groupe d’astronomes, dont plusieurs travaillent à l’observatoire de Strasbourg, s’est intéressé à l’influence de la rotation des amas globulaires sur leur évolution. Leurs simulations [1], au nombre de 25, ont permis de calculer l’évolution d’amas globulaires comprenant entre 250 000 et 1,5 million d’étoiles, sur une durée de 12 ou 14 milliards d’années. C’est presque l’âge de l’Univers ! Les simulations se distinguaient les unes des autres par leur taux initial de rotation, par la densité d’étoiles, et plusieurs champs de marée (dus à la galaxie voisine) ont été simulés [2].
La comparaison de l’état des amas globulaires à la fin des simulations avec les amas globulaires observés actuellement a permis de caractériser rétrospectivement comment devaient être ces amas il y a 12 ou 14 milliards d’années.

Évolution temporelle d’un amas globulaire en rotation. Simulation du même amas globulaire que sur la figure 1, toujours comme s’il était observé avec le JWST à 800 kpc de distance. De droite à gauche, l’âge de l’amas est de 0, 1 et 12 milliards d’années. L’amas est vu sous un autre angle que sur la figure 1. (Crédit : Bianchini et al. [1])

Globalement, il ressort de ces simulations que les amas globulaires ont une rotation de plus en plus faible au cours de leur évolution. On dit qu’ils perdent du moment cinétique. À l’origine, il y a 12 à 14 milliards d’années, ils tournaient sur eux-mêmes cinq fois plus vite (environ) qu’actuellement. Les amas étaient également plus petits à l’origine. Au cours de cette évolution, la taille des amas a augmenté d’un facteur cinq environ.
Les simulations ont montré que la rotation joue un rôle essentiel dans l’évolution des amas globulaires. Les amas avec un taux de rotation initial plus élevé subissent un effondrement du cœur plus rapide et plus marqué. Il se produit seulement en quelques centaines de millions d’années contre un milliard d’années pour un amas en rotation lente. La ségrégation de masse y est aussi plus importante, favorisant la présence des étoiles les plus massives dans le cœur de l’amas.
L’effondrement du cœur et la ségrégation de masse n’empêchent cependant pas que de nombreuses étoiles s’échappent de l’amas. Les pertes de masse sont très importantes dans le premier milliard d’années d’existence de l’amas, avec des valeurs typiques de 30 % de la masse totale initiale. Elles sont majoritairement dues à des processus liés à l’évolution des étoiles. Les effets de marée causés par la galaxie hôte deviennent dominants plus tard. Au bout de quelques milliards d’années, la perte de masse est alors assez variable, souvent proche de 40 % ou 50 % au total, sauf dans des conditions particulières propices aux effets de marée causés par la galaxie.
Les amas actuellement les plus massifs sont ceux qui ont gardé un taux de rotation parmi les plus élevés, c’est-à-dire dans les amas où les étoiles ont toutes tendance à tourner dans l’amas dans le même sens. Cela est compatible avec les observations des taux de rotation des amas globulaires actuels, les moins massifs ayant des taux de rotation très faibles.
En conclusion, les simulations menées dans cette étude ont montré le rôle déterminant de la rotation dans les phases initiales de l’évolution des amas globulaires.

Article écrit par :
Fabrice Mottez | CNRS, Observatoire de Paris-PSL

Notes

  1. Bianchini P. et al., « How supercomputers are rewriting the history of globular star clusters », Astronomy and Astrophysics, 708, A10, 2026.
  2. Ces simulations ont été effectuées avec un code dit à N-corps qui traite du mouvement des étoiles, tout en incorporant des ingrédients liés à l’évolution des étoiles et à l’interaction avec le champ de gravitation de la galaxie hôte. Les simulations ont tourné sur le supercalculateur Jean-Zay (Genci-Idris), situé sur le plateau de Saclay au sud de Paris, sur une durée de 3 années. Le nombre d’heures de calcul cumulées sur tous les processeurs graphiques (GPU) a été de 350 000 heures. La plus grosse des 25 simulations a tourné durant 400 jours en utilisant entre 12 et 48 GPU.
Célébrer les étoiles sous le ciel béninois : le premier festival d’astronomie du Bénin

Célébrer les étoiles sous le ciel béninois : le premier festival d’astronomie du Bénin

Un festival itinérant au cœur de l’astronomie et des sciences spatiales

Le Bénin a accueilli, du 22 au 29 mai 2026, un événement unique consacré à l’astronomie et aux sciences spatiales. Pour sa première édition, le festival « Le Bénin sous les étoiles » a réuni dans plusieurs villes du pays, des élèves, des étudiants, des enseignants et des passionnés autour d’un même objectif: rendre les sciences spatiales plus accessibles et susciter davantage d’intérêt pour l’astronomie.

Organisé à l’occasion des cinq années d’existence de Sirius Space Association, ce festival itinérant s’est tenu à Cotonou, à Porto-Novo et à Abomey-Calavi. Inspirée d’initiatives telles que le Spacebus 2025 au Sénégal et Madagascar sous les étoiles, cette première édition s’inscrit dans une volonté de développer la culture astronomique au Bénin.

L’affiche de la première édition du festival

Des conférences pour explorer les multiples facettes de l’astronomie.
Tout au long du festival, plusieurs conférences ont été animées par plusieurs intervenant dont deux invités vénus spécialement pour l’occasion. Il s’agit de Dr Raphaël Peralta (astrophysicien Français), Dr Salma SYLLA (première Astrophysicienne du Sénégal), Dr Arlette TANGA, M. Eric ADJEYI (SES Afrique), puis certains membres de l’association à savoir M. Prudence AYIVI (Président de Sirius Space Association) et Dr Thomas ALLAGBE. Leurs interventions ont permis d’aborder différentes thématiques liées à l’astronomie notamment l’histoire et les grandes questions de l’univers, la formation du système solaire, la recherche de vie extraterrestre, l’astronomie au service des sciences et le rôle du spatial dans le développement durable. Les échanges ont également abordé les enjeux de l’exploration spatiale et la place de l’être humain dans l’univers.

Nos invités internationaux en pleine conférences (Raphaël Peralta à gauche, Salma SYLLA à droite)

A la suite des conférences, les participants se sont dirigés vers les stands. Les expositions portaient sur, le système solaire, l’univers, l’exploration spatiale et l’observation de la Terre. Le public a également eu droit à des ateliers sur les satellites, la lumière et les ondes.

Le déroulement des ateliers et des expositions.

Un panel consacré aux femmes dans le spatial.
L’étape de Cotonou a été particulièrement marquée par le panel « Woman in Space » qui avait pour intervenantes le Dr Salma SYLLA en présentiel et le Dr Arlette TANGA en visioconférence. Elles ont partagé leurs parcours respectif en astrophysique pour l’une et en droit spatial pour l’autre, tout en évoquant les défis rencontrés en tant que femmes africaines, dans des domaines encore peu représentés. Ce panel a été particulièrement inspirant et motivant pour le public composé de nombreuses étudiantes et lycéennes.

Photo de groupe avec les participants et intervenantes au panel

Des rencontres au cœur de la communauté scientifique
A l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) et à l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques, nos invités ont effectué avec quelques membres de l’association, une visite au cours de laquelle ils ont rencontré plusieurs acteurs clés du milieu académique et scientifique béninois. Cette visite a permis de poser les bases d’une collaboration entre Sirius Space Association et les institutions académiques du pays.

La rencontre avec les professeurs et acteurs du milieu scientifique béninois

Le 28 mai à l’UAC, la projection du film « Don’t Look Up » , suivie d’une conférence-débat animée par Dr Raphaël Peralta a permis aux participants d’apprendre sur les liens entre les sciences spatiales, la science-fiction et notre perception de l’univers.

Le lendemain, Eric  Adjeyi (SES Afrique) a présenté au cours d’une conférence, le rôle des satellites et des technologies spatiales dans le développement de l’Afrique. Son intervention a apporté une perspective professionnelle et industrielle précieuse à l’événement.  La fin du festival a été marquée par des démonstrations de lancement de fusées à eau et une séance d’observation du soleil à travers les télescopes installés sur le site.

Le lancement des fusées à eau

 

Le lancement des fusées à eau

Pendant les cinq jours du festival, le public a eu le plaisir d’observer les différents astres présents dans le ciel et pour bon nombre d’entre eux, c’était la première fois.

Les soirées d’observation

Le cosmos challenge
Le festival ne s’est pas limité aux conférences et aux observations. Une compétition scientifique gratuite a permis aux participants de tester leurs connaissances en sciences physiques et astronomiques.

A l’issue du concours, le vainqueur ABIMBOLA Jordan, a remporté un télescope, tandis que des livres astronomiques et des goodies du festival ont été distribués aux participants arrivés en deuxième et troisième places.

Les finalistes et le grand gagnant de la compétition

Un bilan encourageant et des perspectives pour la suite
Cette première édition, qui a rassemblé près de 1 200 participants sur l’ensemble des trois étapes, témoigne de l’intérêt suscité par l’astronomie et les sciences spatiales auprès du public béninois. Par ailleurs, l’association a acquis grâce au soutien d’Unistellar, un télescope Unistellar eVscope, qui viendra renforcer ses capacités en matière d’observation astronomique et d’animation scientifique.

Pour Sirius Space Association, cette expérience constitue une étape importante dans le développement de ses activités de vulgarisation scientifique et de promotion du spatial au Bénin.

Une nouvelle perspective
Ce festival organisée pour marquée les 5 ans de Sirius Space Association, a permis de renforcer l’action de l’association sur le terrain, de toucher de nouveau public, d’inspirer des jeunes mais aussi de créer de nouvelles perspectives de collaboration à travers l’enthousiasme et l’engagement suscités pour faire avancer l’astronomie et les sciences spatiales au Bénin.
Pour Sirius Space Association, il s’agit désormais d’une nouvelle ère, avec pour objectif de marquer les 5 prochaines années avec des activités inspirantes, plus de collaboration, développer des clubs d’astronomie dans d’autres régions du Bénin, et développer les ressources et infrastructures pour faire avancer les sciences spatiales au Bénin.

Article écrit par :
Elvina GNAHOUI | Sirius Space Association
Prudence AYIVI | Sirius Space Association

 

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