LE MAGAZINE DES SCIENCES DE L’UNIVERS EN AFRIQUE
La comète interstellaire 3I/ATLAS observée par la sonde européenne Juice

La comète interstellaire 3I/ATLAS observée par la sonde européenne Juice

La comète interstellaire 3I/ATLAS a pu être observée par plusieurs instruments au sol et dans l’espace au cours de son périple dans le Système solaire interne. La sonde Juice notamment, en route vers Jupiter, a pu analyser les gaz éjectés par la comète. Les rapports isotopiques du carbone indiquent une origine lointaine dans un système planétaire très ancien.

 Au cours du deuxième semestre de l’année 2025, un nouvel objet interstellaire nous a rendu visite (voir l’Astronomie no 196, septembre 2025). Il s’agit de la comète 3I/ATLAS (fig. 1), détectée le 1er juillet 2025 et passée au périhélie le 30 octobre de la même année. Elle était alors derrière le Soleil et donc inobservable depuis la Terre, mais des observations ont été réalisées à cette époque depuis la sonde Juice en route vers Jupiter.

Lancée par l’Agence spatiale européenne le 14 avril 2023 depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane, la sonde Juice (JUpiter ICy moons Explorer) poursuit son périple en direction du système de Jupiter qu’elle atteindra en juillet 2031. Sa trajectoire, par un heureux hasard, a croisé celle de la comète ATLAS trois jours après le passage de celle-ci au périhélie (fig. 2). Le 2 novembre, au moment où la sonde était au plus près de la comète, sa distance à celle-ci était de 0,44 unité astronomique (ua), et la distance de la comète au Soleil était de 1,363 ua. Cinq instruments de la sonde ont été mis en service pour observer la comète entre le 2 et le 25 novembre 2025. Cependant, les mesures n’ont pu être retransmises immédiatement à la Terre, qui se trouvait alors de l’autre côté du Soleil ; l’antenne à grand gain de la sonde était alors orientée de façon à servir de bouclier thermique. Ce n’est qu’au mois de février 2026 que l’ensemble des données a pu être récupéré [1].

3I/ATLAS : une comète comme les autres ?

L’instrument MAJIS, à bord de la sonde Juice, est un spectromètre imageur fonctionnant dans l’infrarouge proche (1-5 mm). Sa résolution spectrale est modeste, car son objectif principal est de caractériser les glaces de la surface des satellites galiléens qui présentent des motifs spectraux plus larges que ceux des gaz. L’instrument MAJIS a détecté sans ambiguïté la vapeur d’eau H2O (fig. 3) et le dioxyde de carbone CO2 (fig. 4). Les images prises par MAJIS montrent que les éjections gazeuses sont issues du noyau dans la direction du Soleil. Le taux de production de H2O a été évalué à 6.1028 molécules par seconde, ce qui est typique des comètes du Système solaire.

La détection de la vapeur d’eau a été confirmée par l’instrument SWI (Submillimeter Wave Instrument), un récepteur hétérodyne submillimétrique qui mesure une transition spectrale de H2O avec une très haute résolution spatiale. Cette capacité lui permet en particulier de mesurer la vitesse des molécules. Il est ainsi apparu que la vapeur d’eau n’est pas éjectée seulement du noyau, mais aussi des grains de glace présents dans la coma entourant celui-ci.

À plus grande distance du noyau, le spectromètre imageur UVS (UltraViolet imaging Spectrograph) a cartographié les atomes d’oxygène, d’hydrogène et de carbone produits par la photodissociation des molécules mères (essentiellement H2O et CO2). Là aussi, la comète 3I/ATLAS se comporte comme une comète ordinaire.

Enfin, la caméra JANUS a pu observer en détail la coma, derrière laquelle se cache le noyau, ainsi que deux queues bien séparées (fig. 5). L’une, riche en poussières, est orientée dans la direction opposée au Soleil, à cause de la pression de radiation exercée par notre étoile sur les petits grains. L’autre, riche en gaz ionisé, se situe derrière le noyau dans la trajectoire suivie par la comète. On voit aussi des structures moins lumineuses qui témoignent de l’interaction des atomes et des ions issus de la comète avec les particules du vent solaire.

… mais une comète très riche en deutérium !

D’autres moyens, au sol et dans l’espace, ont été utilisés pour explorer la comète interstellaire. Au sol, le réseau d’antennes millimétriques ALMA a été utilisé le 4 novembre pour cartographier les émissions de H2O, HDO et CH3OH autour de 183 et 241 GHz (l = 1,64 et 1,24 mm, respectivement) [2]. Le résultat le plus étonnant a été l’abondance très élevée du deutérium dans cette comète.

Rappelons que le deutérium est un isotope lourd de l’hydrogène ; il est constitué d’un proton, d’un électron et d’un neutron, ce qui lui confère une masse deux fois plus élevée que celle de l’atome d’hydrogène. Il se trouve que, suite à des réactions ion-molécule se produisant à basse température, le rapport D/H (mesuré à partir de diverses molécules, en particulier à partir du rapport HDO/H2O) est enrichi dans les glaces par rapport à la phase gazeuse, et qu’il est d’autant plus élevé que la température est basse. Le rapport D/H de la nébuleuse protosolaire est d’environ 2.10–5 ; c’est proche de la valeur mesurée dans Jupiter et Saturne, deux planètes géantes essentiellement constituées de gaz protosolaire. Il est plus élevé dans Uranus et Neptune, ce qui est logique car les deux géantes glacées se sont formées autour d’un noyau de glaces de masse importante, dans lequel le rapport D/H s’est trouvé enrichi. Les comètes, formées dans le Système solaire extérieur, principalement à partir de noyaux de glace H2O, sont également enrichies par rapport à la valeur protosolaire par un facteur allant de 7 à 20 environ. La valeur du rapport D/H dans les océans terrestres est d’un grand intérêt, car elle nous renseigne sur l’origine des océans. Sa valeur (1,5576.10–4) montre un fort enrichissement par apport à la nébuleuse solaire primitive, ce qui suggère que ceux-ci proviennent du Système solaire extérieur. Le rapport D/H dans les différentes comètes varie donc typiquement entre la valeur terrestre et trois fois cette valeur.

C’est ici que la mesure de D/H dans la comète 3I/ATLAS, obtenue à partir du rapport des abondances HDO/H2O (fig. 6), apporte un élément nouveau. Le rapport D/H mesuré est supérieur à 6,6.10–3, soit 40 fois la valeur terrestre, ou 250 fois la valeur protosolaire !

Un résultat aussi surprenant demandait confirmation : celle-ci a été apportée par les mesures réalisées par le JWST dans le domaine de l’infrarouge proche, le 23 décembre 2025 [3]. Les spectres réalisés par l’instrument NIRSpec du JWST, à 2,7 mm pour H2O et 4,3 mm pour CO2, ont permis de mesurer les rapports D/H et 13C/12C à partir de HDO/H2O et 13CO2/12CO2 respectivement. La mesure de D/H (9,5 ± 0,6.10–3) confirme le résultat obtenu avec ALMA (fig. 7). Il suggère pour la comète une formation à très basse température (< 30 K). Le rapport 12C/13C dans la comète 3I/ATLAS, mesuré à la fois par les rapports 12CO/13CO et 12CO2/13CO2, est de l’ordre de deux fois la valeur solaire (89) : cette fois, l’isotope lourd 13C est appauvri par rapport à l’isotope léger, le plus abondant (12C). D’après les modèles d’évolution chimique galactique, la valeur élevée du rapport 12C/13C pourrait impliquer que l’époque de formation de la comète est très ancienne (10 à 12 milliards d’années) et qu’elle a fait suite à une période d’intense formation stellaire. Pour l’hydrogène comme pour le carbone, les rapports isotopiques mesurés dans 3I/ATLAS sont en dehors des plages de valeurs mesurées dans le Système solaire. Les résultats impliquent pour l’origine de la comète interstellaire un système stellaire dont les conditions physico-chimiques de formation ont été différentes de celles que nous connaissons.

D’autres observations depuis le sol et l’espace

De nombreux télescopes ont été braqués sur la comète 3I/ATLAS. Le réseau ATLAS (celui qui détecta la comète le 1er juillet 2025) a mesuré régulièrement l’éclat de la comète depuis le début de juillet jusqu’à la fin septembre, quelques semaines avant le passage de la comète au périhélie [4]. C’est aussi le cas du NOT (Nordic Optical Telescope) et du système de 64 télescopes robotisés HATPI, à l’observatoire de Las Campanas, au Chili, dédié à la surveillance des phénomènes célestes variables ou transitoires [5] (fig. 8). Après le passage au périhélie, la magnitude de la comète a été mesurée par le télescope spatial Hubble en décembre 2025 et janvier 2026 [6] (fig. 9). Les auteurs de l’étude ont déduit pour le noyau un rayon de 1,3 km, en supposant un albédo de 0,04.

D’autres moyens spatiaux ont été également mis à contribution. La caméra UV SWAN de l’observatoire solaire SoHO, en opération depuis 1995, a observé la comète dans la raie Ly a à 121,6 nm entre le 6 novembre et le 9 décembre 2025, donnant ainsi une mesure du taux de production d’atomes d’hydrogène et donc du taux de production de H2O [7] (fig. 10). L’étude des molécules mères issues du noyau de la comète a été menée à deux reprises avec le JWST, le 4 novembre et le 23 décembre, mais aussi avec une nouvelle sonde spatiale lancée par la Nasa le 11 mars 2025. Il s’agit de SPHEREx, un petit spectromètre infrarouge fonctionnant entre 0,75 et 5 mm dédié à un sondage cosmologique. L’instrument a observé la comète ATLAS entre le 1er et le 15 août 2025 [8]. Les auteurs ont pu cartographier les émissions de H2O, CO et CO2, mesurer les taux de production des trois molécules et mettre en évidence la signature spectrale de la glace d’eau. Les mesures sont compatibles avec un petit noyau de rayon inférieur à 2,5 km, entouré d’une coma cent fois plus brillante. Ces caractéristiques rapprochent 3I/ATLAS des comètes hyperactives 103P/Hartley et 46P/Wirtanen, riches en CO2 et H2O, pour lesquelles l’émission des éléments volatils provient essentiellement des grains de glace et non du noyau.

Enfin, l’étude des molécules mères de la comète 3I/ATLAS a bénéficié de deux séries d’observations, en utilisant d’une part le réseau d’antennes millimétriques ALMA entre août et septembre 2025 [9], et d’autre part le JWST en décembre 2025 [10]. Dans le premier cas, ALMA a obtenu des cartes du méthanol CH3OH et de l’acide cyanhydrique HCN. Alors que HCN semble être émis directement par le noyau, la source de CH3OH provient plutôt d’une source étendue dans la coma elle-même (fig. 11). Dans le second cas, l’instrument NIRSpec du JWST a enregistré le spectre de la comète entre 2,5 et 5 mm, mettant en évidence les émissions de H2O, CH4, CH3OH, C2H6, H2CO, CO2 et CO (fig. 12), à une époque où la comète, s’éloignant du Soleil, s’approchait de la ligne de condensation de H2O entre 2 et 3 ua du Soleil. CO, la molécule la plus volatile, est alors devenue l’espèce la plus abondante, devant H2O et CO2.

La comète 3I/ATLAS s’éloigne maintenant vers le Système solaire extérieur ; en avril, elle était déjà au niveau de l’orbite de Jupiter. Des trois objets interstellaires connus, elle aura été celui dont la trajectoire est la plus excentrique (e = 6, vitesse à l’infini : 58 km/s). Son niveau d’activité s’est montré intermédiaire entre celui de 1I/‘Oumuamua (dénué de coma) et 2I/Borissov (dotée d’une coma très développée). Le rapport 12C/13C élevé mesuré dans la comète 3I/ATLAS suggère qu’elle provient d’un système planétaire très ancien. Les trois objets interstellaires découverts à ce jour présentent donc une grande diversité ; il n’y a plus qu’à attendre les surprises que nous révéleront les futurs visiteurs interstellaires.

Article écrit par Thérèse Encrenaz |Observatoire de Paris-PSL

[Notes]

  1. Five things Juice has revealed about Comet 3I/ATLAS.
  2. Salazar Manzano L. E. et al., « A Direct View of the Chemical Properties of Water from Another Planetary System: Water D/H in 3I/ATLAS », arXiv:2603.07026.
  3. Cordiner M. et al., « Isotopic Evidence for a Cold and Distant Origin of the Interstellar Object 3I/ATLAS », arXiv:2603.06911.
  4. Tonry J. et al., « ATLAS Transient Discovery Report », arXiv:2509.05562.
  5. Hartmann J. D. et al., « HATPI Pre-Perihelion Time-series Photometry of the Interstellar Comet 3I/ATLAS », arXiv:2602.21586.
  6. Hui M. T. et al., « Nucleus and Postperihelion Activity of Interstellar Object 3I/ATLAS Observed by the Hubble Space Telescope », Astrophys. J. Letters, 999, L37, mars 2026.
  7. Combi M. R. et al., « Water Production of Interstellar Comet 3I/ATLAS from SOHO/SWAN Observations after Perihelion », Astrophys. J. Letters, 998, L17, 2026.
  8. Lisse C. M. et al., « SPHEREx Pre-perihelion Mapping of H2O, CO2, and CO in Interstellar Object 3I/ATLAS », Astrophys. J. Letters, 1000, L52, 2026.
  9. Roth N. X. et al., « CH3OH and HCN in InterstellarComet 3I/ATLASMapped with the ALMA Atacama Compact Array: Distinct Outgassing Behaviors and a Remarkably High CH3OH/HCN Production Rate Ratio », Astrophys. J. Letters, 888, L32, mars 2026.
  10. Roth N. X. et al., « Coma Physics of an Interstellar Object: JWST Spatial-Spectral Mapping of 3I/ATLAS », arXiv:2603.20460.

 

1. La comète 3I/ATLAS observée par la sonde Juice le 2 novembre 2025. (Crédit : ESA)

 

2. Trajectoires de la comète 3I/ATLAS et de la sonde Juice, comparées aux orbites de la Terre et de Mars. La distance entre les deux objets était minimale le 2 novembre 2025. (Crédit : ESA)

 

3. L’émission de H2O observée par l’instrument MAJIS, avec l’image (en haut) et le spectre dans l’infrarouge proche, en bas. La direction du mouvement de la comète et la direction du Soleil sont indiquées en rouge sur l’image. (Crédit : ESA)

 

4. L’émission de CO2 observée par l’instrument MAJIS, avec l’image (en haut) et le spectre dans l’infrarouge proche, en bas. (Crédit : ESA)

 

5. L’image de la comète observée en filtre rouge par la caméra JANUS de la sonde Juice le 2 novembre 2025. (Crédit : ESA)

 

6. Les raies d’émission de HDO (à gauche) et H2O (à droite) observées dans le domaine millimétrique par le réseau d’antennes ALMA. (Crédit : Salazar Manzano L. E. et al. [2])

7. Les rapports D/H (à gauche) et 12C/13C (à droite) mesurés dans la comète 3I/ATLAS, comparés aux valeurs obtenues dans le Système solaire, les disques, les jeunes objets stellaires massifs (MYSO) et les protoétoiles. Les rapports D/H sont extraits de HDO/H2O sauf indication contraire. La valeur très élevée de D/H dans Vénus est attribuée à un échappement massif de l’eau au cours de l’histoire de la planète. (Crédit : Cordiner M. et al. [3])

8. Courbe de lumière de la comète 3I/ATLAS avant le périhélie. La figure réunit les mesures obtenues par différents télescopes. (Crédit : Hartmann J. D. et al. [5])

9. Mesure de la magnitude V apparente de la comète 3I/ATLAS obtenue par le télescope spatial Hubble après le périhélie. (Crédit : Hui M. T. et al. [6])

10. Courbe de lumière obtenue à partir de la mesure de l’hydrogène dans la raie Ly α réalisée par l’instrument SWAN de la sonde SoHO. (Crédit : Combi M. R. et al. [7])

11.Cartographie des molécules HCN et CH3OH réalisée par le réseau d’antennes ALMA en septembre 2025. En haut : HCN, 12 septembre (à gauche) et 15 septembre (à droite). En bas : CH3OH, 18 septembre (à gauche) et 1er octobre (à droite). (Crédit : Roth N. X. et al. [9])

12. Le spectre de la comète 3I/ATLAS enregistré par l’instrument NIRSpec du JWST le 23 décembre 2025. On remarque que les émissions de CO2 et CO sont importantes par rapport à celle de H2O. La diminution de la vapeur d’eau est due à la condensation progressive de l’eau à mesure que la comète s’éloigne du Soleil et que sa température décroît. (Crédit : Roth N. X. et al. [10])

Un forgeron dans l’espace ?

Un forgeron dans l’espace ?

La nébuleuse de l’Anneau (Ring Nebula) observée avec la caméra infrarouge NIRCAM du télescope James-Webb (JWST). Elle présente une couche extérieure d’hydrogène très faible en lumière visible. (Crédit : ESA/Webb, NASA, CSA, M. Barlow (UCL), N. Cox (ACRI-ST), R. Wesson (Cardiff University))

Une nébuleuse planétaire bien connue vient de révéler l’un de ses secrets, pour le moment totalement incompris : une barre de fer semble la traverser de part en part …

Les nébuleuses planétaires font partie du milieu interstellaire ; elles ont été appelées ainsi car elles ressemblent à des planètes lorsqu’elles sont observées en basse résolution. Le mot « nébuleuse » vient du latin nebula (« nuage »). On sait maintenant qu’elles n’ont aucun rapport avec les planètes. Elles sont en fait constituées d’une coquille de gaz éjectée d’une étoile de masse comparable à celle du Soleil (de 0,8 à 8 masses solaires) en fin de vie, en train de s’effondrer lentement en passant de l’état de géante rouge à celui de naine blanche. Ce faisant, elles expulsent leurs couches externes qui s’étendent alentour à une vitesse de 20 à 30 km/s (70 000 à 100 000 km/h). Ce nuage est ionisé par la lumière de l’étoile devenue très chaude (50 000 K à 100 000 K). La majeure partie de la matière de l’étoile initiale finit réinjectée dans le milieu interstellaire.

On connaît dans la Voie lactée environ 1 500 nébuleuses planétaires. Elles jouent un rôle crucial pour la composition chimique de l’Univers en expulsant dans le milieu interstellaire les éléments synthétisés pendant la vie de l’étoile.

Elles sont très colorées, et leurs images sont souvent spectaculaires. La nébuleuse de la Lyre ou nébuleuse de l’Anneau (Ring Nebula), NGC 6720, est l’un des exemples les plus célèbres de nébuleuse planétaire. Découverte par Charles Messier en janvier 1779 (elle s’appelle d’ailleurs aussi Messier 57), elle a été observée quinze jours après lui par l’astronome Antoine Darquier de Pellepoix (ce genre de simultanéité se produit souvent en science). Elle est trop faible pour être vue à l’œil nu, mais peut être observée avec un petit télescope.

Une découverte extraordinaire

Un nouveau spectrographe, appelé WEAVE, a permis une découverte originale concernant cette nébuleuse. WEAVE a été installé en 2023 sur le télescope de 4,2 m William-Herschel (WHT) aux Canaries. Il a été cofinancé par le CNRS, l’Observatoire de Paris-PSL et l’observatoire de la Côte d’Azur. Il possède 547 fibres optiques très rapprochées qui envoient la lumière d’une zone hexagonale du ciel vers le spectrographe, où elle est analysée et enregistrée.

Une équipe d’une trentaine d’astronomes conduite par trois chercheurs de l’université de Cardiff, du département de Physique et d’Astronomie de l’University College de Londres et de l’École de physique et d’astronomie de l’université de Cardiff vient de publier un article concernant l’observation spectroscopique de la nébuleuse NGC 6780 obtenue avec WEAVE [1]. Cette observation a permis une extraordinaire découverte : la présence d’une barre verte uniquement dans le domaine de longueur d’onde voisin de 4 200 ångströms. C’est celui de raies du fer ionisé cinq ou six fois. Elle apparaît dans le domaine du vert sur un spectre visible, et seulement dans le vert, et reste invisible dans les autres domaines de longueur d’onde.

Cette figure réunit huit images de la nébuleuse de l’Anneau obtenues par spectroscopie dans plusieurs raies d’émission dont les atomes sont indiqués sur la figure. La couleur dans chaque image donne la brillance de l’émission, le brun-rouge représentant la plus intense et le bleu la plus faible. Toutes les images montrent la même forme de la nébuleuse, sauf la première en haut à gauche, qui correspond aux raies du fer et a la forme d’une barre. (Crédit : IAC/William Herschel Telescope/Wesson et al., MNRAS, 2026)

Spectre de la région de la barre montrant la détection du [FeV] à 4 227 ångströms à l’extrémité droite du spectre en noir calculé pour une température de 10 000 degrés, et une densité de 1 000 particules par cm3. En bleu, spectre observé, et en rouge, son ajustement (fit). (Crédit : IAC/William Herschel Telescope/Wesson et al., MNRAS, 2026)

Vitesses radiales mesurées à partir des raies spectrales dans la région est autour de l’étoile centrale. Les raies du [FeV] 4 224 Å et du [FeVI] 5 679 Å de la barre sont en orange, et l’on voit qu’elles sont décalées vers le rouge par rapport aux autres raies spectrales. (Crédit : IAC/William Herschel Telescope/Wesson et al., MNRAS, 2026)

Les auteurs montrent que la barre de fer a une masse comparable à celle de Mars et que sa longueur est de l’ordre de 500 fois le rayon de l’orbite de Pluton. Ils sont perplexes sur l’origine de cette barre.

Article écrit par Suzy Collin-Zahn │ Observatoire de Paris-PSL

[Notes]

  1. Wesson R., Drew J. E., Barlow M. J. et al., « WEAVE imaging spectroscopy of NGC 6720: an iron bar in the Ring », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 546, Issue 1, 2026, arXiv:2601.10635.

 

La Société Astronomique de Tunisie au Festival National Populaire d’Astronomie

La Société Astronomique de Tunisie au Festival National Populaire d’Astronomie

Une Présence Rayonnante au Service de la Diffusion Scientifique

C’est avec une ardeur partagée que la Société Astronomique de Tunisie (SAT) a pris part au Festival National Populaire d’Astronomie, confirmant une fois encore son rôle de premier plan dans la vulgarisation des sciences de l’univers à travers le monde arabe et africain. Forte de décennies d’engagement sur le terrain, la SAT y a proposé un programme riche et vivant : trois ateliers thématiques et un espace d’exposition, portés par une équipe de membres passionnés, toujours prêts à partager leur amour du ciel.

1.  L’Exposition : Vitrine de la SAT

Plus qu’un simple stand, cette exposition est avant tout connue pour ce qu’elle représente : l’identité même de la Société Astronomique de Tunisie et ses contributions de longue date à la diffusion de l’astronomie auprès du grand public. C’est un peu la mémoire vivante de l’association, celle qui raconte, à travers ses objets et ses images, tout le travail accompli au fil des années.

Présentée par Nour El Islem Teyahi, Shahd El Islem Teyahi et Osama Bakoush, elle réunissait les outils que la SAT utilise habituellement pour transmettre sa passion : des affiches sur les nébuleuses et la formation des proto-étoiles, des spectroscopes, des liquides colorés, des globes terrestres, ainsi qu’un ordinateur portable arborant les autocollants de l’Union Astronomique Internationale (IAU), discret rappel des liens de l’association avec la communauté astronomique internationale.

Le stand de la Société Astronomique de Tunisie au festival

2.  Atelier d’Observation Solaire

Observer le Soleil, ses éruptions et mesurer son diamètre apparentAnimé avec expertise par AbdelHafidh Teyahi, Vice-Président de l’association, cet atelier invitait, quelle que soit la tranche d’âge, à lever les yeux vers le Soleil à travers un télescope équipé d’un filtre solaire adapté. Sous le regard attentif de l’animateur, chacun pouvait observer les taches à la surface de notre étoile et comprendre, en mots simples, ce que sont les éruptions solaires et leurs effets sur la Terre.

L’atelier proposait également une expérience pratique pour mesurer le diamètre apparent du Soleil. Munis de tubes de papier équipés d’un filtre solaire, les participants visaient le ciel et appliquaient un principe de géométrie accessible : en positionnant un petit disque à l’extrémité du tube jusqu’à ce qu’il couvre exactement le disque solaire, puis en mesurant la longueur du tube et le diamètre du disque, on peut calculer l’angle apparent du Soleil dans le ciel, environ 0,5 degré. Simple, ingénieux, et étonnamment précis pour du matériel entièrement artisanal.

Les rires et les exclamations d’étonnement se succédaient, dans une ambiance de curiosité partagée qui a fait toute la saveur de cet atelier.

Les participants réunis en cercle lors de la démonstration solaire

 

Les jeunes participants utilisent les spectroscopes artisanaux pour observer le Soleil

 

3.  Atelier Mesures des Ombres

Connaître le temps, les directions et la différence de temps

Présenté par Naim Ben Slimen, Membre du Conseil d’Administration en charge des relations avec les associations et les clubs, cet atelier revenait à une idée toute simple, mais souvent oubliée : avant l’invention de la montre, l’ombre du Soleil suffisait à dire l’heure, à indiquer une direction, à comprendre le temps qui passe.

Autour d’un simple bâton planté sur une feuille de papier posée au sol, les participants traçaient le déplacement de l’ombre pour retrouver l’heure et les points cardinaux, un peu comme des détectives du ciel. Plus loin, à l’aide de globes terrestres et d’une lampe mimant le Soleil, on expliquait avec des gestes simples comment naissent les éclipses, les saisons et le passage du jour à la nuit.

Démonstration des ombres et éclipses à l’aide de globes terrestres et d’une lampe mimant le Soleil

 

4.  Atelier Planétarium Mobile

Animé conjointement par Hichem Ben Yahiya et AbdelHafidh Teyahi, le planétarium mobile a sans doute été l’un des grands coups de cœur du festival. On entrait dans un dôme gonflable couvert d’étoiles et de constellations peintes, et soudain le monde extérieur disparaissait : il ne restait plus que le ciel, immense, tout autour de soi.

Cette installation, que la SAT appelle son « Planétarium Mobile à Médiation Scientifique et Projets Événementiels », résume bien l’esprit de l’association : aller à la rencontre du public, où qu’il soit, et lui offrir un vrai morceau d’univers, sans avoir besoin d’un observatoire ou d’une salle dédiée.

 

Le dôme gonflable du planétarium mobile de la Société Astronomique de Tunisie

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Hichem Ben Yahiya devant le dôme du planétarium mobile

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 5.  L’Équipe de la SAT au Festival

Derrière la réussite de cette participation, il y a avant tout des visages et de la bonne volonté : une équipe soudée, de celles qui passent des heures à tout préparer pour que le public, lui, n’ait qu’à s’émerveiller.

Que la délégation tunisienne participe à un festival algérien n’est pas un hasard : c’est le reflet naturel d’une coopération scientifique ancienne entre les communautés astronomiques francophones et Arabes, partageant une même langue, une même tradition d’observation et une même passion pour le ciel.

L’équipe de la Société Astronomique de Tunisie réunie avec les représentants du festival

 

Un moment de rencontre et d’échange au fil du festival

Conclusion

La participation de la Société Astronomique de Tunisie au Festival National Populaire d’Astronomie a encore une fois confirmé que l’astronomie reste un langage universel, capable de réunir les cultures et les générations autour d’un même ciel.

À travers ses ateliers, son exposition et son planétarium mobile, la SAT a réussi à joindre la simplicité à la précision. Quelle que soit la tranche d’âge, les visiteurs sont repartis avec l’envie de lever les yeux vers le ciel. Dans un continent africain en pleine effervescence scientifique, des associations comme la SAT jouent un rôle irremplaçable, celui de gardiennes de la curiosité et de passeuses de savoir, pour que les étoiles restent à la portée de tous.

Article écrit par CHAIMA BHIBAH │ Ingénieur en génie des procédés chimiques, membre active de la Société Astronomique de Tunisie (SAT) · pour le Magazine d’Astronomie Afrique
ActInSpace 2025

ActInSpace 2025

ActInSpace 2025 : quand une génération africaine transforme l’ambition spatiale en innovation

Ils étaient étudiants, jeunes ingénieurs, entrepreneurs ou passionnés de technologie. Les 30 et 31 janvier 2025, à Dakar, ils ont répondu à l’appel d’ActInSpace, l’un des plus grands rendez-vous mondiaux de l’innovation spatiale.

Pour cette sixième édition au Sénégal, l’événement était coorganisé par l’Agence Sénégalaise d’Études Spatiales (ASES) et l’Université Rose Dieng France-Sénégal (URDFS). Pendant 24 heures, sept équipes issues d’universités et de grandes écoles sénégalaises se sont affrontées autour de défis inspirés des technologies spatiales, mobilisant créativité, expertise technique et esprit d’équipe pour imaginer des solutions innovantes répondant à des problématiques concrètes.

Dans l’effervescence du hackathon, rien ne permettait encore de deviner laquelle de ces équipes allait porter les couleurs du Sénégal jusqu’au sommet de la compétition mondiale. Pourtant, au terme de cette édition nationale, l’équipe INTERSTELLAR de la Dakar American University of Sciences and Technology (DAUST) s’est distinguée par la qualité et l’originalité de son projet.

Cette première victoire n’était que le début de l’aventure.

Quelques semaines plus tard, l’équipe sénégalaise s’envolait pour Bordeaux afin de représenter le pays lors de la finale internationale d’ActInSpace. Le 2 avril 2025, face aux meilleures équipes venues des différents pays participants, INTERSTELLAR réalisait l’exploit de remporter la compétitioninternationale. Une consécration saluée bien au-delà du Sénégal avec l’« Oscar des étoiles » de l’innovation spatiale.

Cette victoire ouvre également à l’équipe les portes d’une expérience exceptionnelle : embarquer à bord de l’Air Zero G pour un vol parabolique permettant de reproduire les conditions d’apesanteur. Une récompense à la hauteur d’un parcours qui aura conduit ces jeunes innovateurs des salles de travail de l’université Rose Dieng France Sénégal de Dakar jusqu’à l’une des plus prestigieuses distinctions de l’écosystème spatial international.

Mais cette réussite raconte bien davantage que le succès d’une équipe. Elle raconte l’histoire d’une génération africaine qui ne regarde plus le spatial comme un domaine lointain réservé à quelques puissances technologiques, mais comme un espace d’opportunités, d’innovation et d’impact au service des réalités du continent.

Le parcours des lauréats de la DAUST s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le Sénégal. Derrière cette victoire se dessine l’émergence progressive d’un écosystème où universités, centres de recherche, partenaires internationaux, structures d’accompagnement et institutions publiques contribuent ensemble à faire éclore de nouveaux talents.

Au cœur de cette dynamique figure l’Agence Sénégalaise d’Études Spatiales. Depuis sa création, l’ASES œuvre à rapprocher le spatial des enjeux de développement et à faire de l’innovation un levier de transformation économique et sociale. Son ambition n’est pas seulement de promouvoir les technologies spatiales, mais de permettre à une nouvelle génération de chercheurs, d’ingénieurs et d’entrepreneurs de s’en saisir pour imaginer les solutions de demain.

ActInSpace constitue aujourd’hui l’une des expressions les plus visibles de cette ambition. Derrière la compétition se cache une véritable école de créativité, de collaboration et d’audace. Les participants y apprennent à transformer une intuition en projet, une compétence technique en innovation et une ambition personnelle en réponse à un besoin collectif.

Plus qu’un trophée, ce succès constitue un signal fort pour l’Afrique. Il rappelle que l’avenir du spatial africain ne se construira pas uniquement dans les agences, les observatoires ou les centres de recherche. Il se construira aussi dans les salles de classe, les incubateurs, les hackathons et les espaces d’innovation où grandit une génération convaincue que les technologies spatiales peuvent contribuer à transformer durablement son environnement.

À travers cette réussite, le Sénégal démontre la pertinence du choix effectué en se dotant de l’ASES : créer les conditions d’un écosystème capable de révéler les talents, de stimuler l’innovation et de connecter la jeunesse africaine aux grandes dynamiques du spatial mondial. Car au fond, le véritable héritage d’ActInSpace 2025 ne réside pas uniquement dans une victoire internationale. Il réside dans ce qu’elle annonce : l’émergence d’une génération prête à écrire une nouvelle page de l’innovation spatiale africaine.

Article écrit par  Nafissa Diop | Agence Sénégalise d’Etudes Spataiales (ASES)

Quelques images :

Une exoplanète errante pas comme les autres

Une exoplanète errante pas comme les autres

1. Impression d’artiste représentant la planète errante Cha 1107-7626 et son disque d’accrétion. La matière pourrait être transférée du disque vers la planète par le biais de puissants champs magnétiques, un mécanisme connu dans le cas des étoiles jeunes. (Crédit : ESO/L. Caçada/M. Kommesser/Wikimedia Commons)

Les exoplanètes errantes sont des objets de taille planétaire (moins de 13 masses joviennes) qui évoluent librement dans l’espace intersidéral, sans attache gravitationnelle à un système stellaire. Les astronomes viennent de détecter la présence d’un sursaut d’activité dans le disque de poussières entourant l’une d’entre elles.

Les premières exoplanètes errantes, parfois appelées exoplanètes flottantes (free floating planets), ont été détectées au début du xxie siècle à partir de leur rayonnement thermique par des sondages infrarouges profonds. La méthode des microlentilles gravitationnelles (voir l’article de Jean-Pierre Maillard, l’Astronomie no 195, été 2025) a permis d’en détecter plusieurs dizaines. Une étude systématique menée dans la région du Scorpion, riche en étoiles jeunes, a mis en évidence une centaine de ces objets (l’Astronomie no 167, janvier 2023, zoom de Núria Miret-Roig, sur « la plus grande famille connue des planètes errantes »). Plus récemment, le JWST en a détecté plusieurs centaines dans la région d’Orion ; on connaît aujourd’hui plus d’un millier de planètes errantes.

Un tel objet a particulièrement attiré l’attention des astronomes (fig. 1). Il s’agit de Cha 1107-7626 (cette dénomination indique que l’objet, situé à une distance de 620 années-lumière, est dans la constellation du Caméléon, et précise sa position en ascension droite et en déclinaison). Découvert en 2006 grâce au télescope infrarouge Spitzer, il est doté d’une masse de 6 à 10 fois celle de Jupiter et d’un rayon d’environ 3 rayons joviens. À l’époque, les mesures de Spitzer avaient déjà mis en évidence un excès de rayonnement infrarouge traduisant la présence d’un disque de poussières autour de l’objet. Des mesures télescopiques ont alors montré la présence de raies d’hydrogène atomique en émission, signe d’un transfert de matière (ce que l’on appelle l’accrétion) depuis le disque vers l’objet central. Des observations avec les instruments NIRSpec et MIRI du JWST ont mis en évidence des émissions dues au méthane CH4 et à l’éthylène C2H4. Le spectre infrarouge du disque de Cha 1107-7626 présente de grandes similarités avec celui d’ISO-Cha 147, une étoile de faible masse, dix à vingt fois plus massive que notre planète errante. Cette ressemblance illustre que les disques d’accrétion peuvent présenter des conditions analogues indépendamment de la masse de l’objet central.

Entre juin et août 2025, le Very Large Telescope de l’Eso a mis en évidence un sursaut d’accrétion de la part de l’objet, qui a ensuite été observé par le JWST. Les résultats ont été publiés dans une lettre de la revue Astrophysical Journal en octobre 2025 [1]. Le sursaut a duré au moins deux mois (jusqu’à la fin des observations du JWST) ; le rayonnement optique a augmenté d’un facteur 3 à 6 et le taux d’accrétion a été multiplié par un facteur 6 à 8 par rapport aux mesures antérieures (fig. 2). Ce sursaut est le plus intense jamais observé dans un objet de taille planétaire. Des mesures plus anciennes ont révélé que ce n’est pas la première fois qu’un sursaut d’accrétion est détecté sur cet objet : un spectre pris en 2016 dans l’infrarouge proche suggère un sursaut de même intensité que celui de 2025. Ce phénomène semble donc apparaître de manière récurrente à l’échelle de la dizaine d’années.

2. En haut : Le spectre de Cha 1107-7626, observé par les instruments NIRSpec (λ < 5 μm) et MIRI (λ > 5 μm) entre août 2024 et août 2025. Les raies d’émission autour de 2 m sont dues à l’hydrogène atomique. En bas : agrandissement dans la région [0,6-1,0 μm] (à gauche) et [5,5-11,5 μm] (à droite). On voit à 0,66 μm la raie d’émission Hα de l’hydrogène atomique. Le sursaut est particulièrement sensible dans la raie Hα. (Crédit : V. Almendros-Abad et al. [1])

Enfin, il faut noter que le sursaut observé sur notre planète errante présente des analogies, en magnitude et en durée, avec les sursauts observés sur les étoiles jeunes T Tauri comme EX Lupi, une jeune étoile éruptive de faible masse présentant des sursauts irréguliers. Au cours de ces sursauts, la matière du disque circumstellaire est accrétée par l’étoile avec un taux qui peut atteindre le dix-millionième (10–7) de la masse du Soleil par an ; dans le cas de Cha 1107-7626, le taux est de 10–7 fois la masse de Jupiter par an. Le sursaut observé en 2022 sur EX Lupi a duré 4 mois et son taux d’accrétion a été multiplié par un facteur 7, tout comme celui de notre planète errante. Une similitude étonnante, compte tenu de l’immense écart (un facteur 100) entre les masses des deux objets.

Article écrit par Thérèse Encrenaz | Observatoire de Paris-PSL

[Notes]

  1. Almendros-Abad V. et al., « Discovery of an accretion burst in a free-floating planetary-mass object », Astrophys. J. Letters, 992 :L2, octobre 2025.

Source de l’image :  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Illustration_of_the_rogue_planet_Cha_1107-7626_(eso2516a).jpg

 

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