LE MAGAZINE DES SCIENCES DE L’UNIVERS EN AFRIQUE
Conférence Annuelle de la Société Africaine d’Astronomie – AfAS 2024 à Marrakech, Maroc

Conférence Annuelle de la Société Africaine d’Astronomie – AfAS 2024 à Marrakech, Maroc

La 4ème Conférence Annuelle de la Société Africaine d’Astronomie (AfAS-2024) s’est tenue pour la première fois au Maroc, du 14 au 20 avril 2024, à la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech. Organisée par l’Université Cadi Ayyad et l’Observatoire d’Oukaimeden OUCA, cette rencontre a rassemblé chercheurs, étudiants, éducateurs, et astronomes amateurs autour de sujets clés comme la recherche scientifique, la sensibilisation, la communication et l’éducation en astronomie. Ce forum dynamique visait à renforcer la collaboration entre les pays africains et la communauté astronomique mondiale tout en permettant aux participants de découvrir les dernières avancées en astronomie et de profiter du riche patrimoine culturel de Marrakech.

Cérémonie d’ouverture de la Conférence AfAS 2024 à la Faculté des Sciences Semlalia à Marrakech

 

Contexte et Objectifs

La conférence avait pour mission de promouvoir la recherche en astronomie et en sciences planétaires à travers l’Afrique, en partageant des études variées et en favorisant les collaborations entre pays. Elle visait également à mettre en avant les récentes avancées en astronomie africaine et leurs contributions au paysage astronomique mondial. Parmi les objectifs principaux, on comptait :

  • Promouvoir l’astronomie comme outil d’éducation scientifique et de sensibilisation du public.
  • Mettre en lumière les dernières découvertes et avancées technologiques en astronomie.
  • Encourager l’intégration de l’astronomie dans les politiques scientifiques régionales et nationales.
  • Favoriser le développement des jeunes scientifiques et astronomes, avec un accent sur l’inclusion et la diversité.
  • Faciliter les projets de recherche collaborative et les initiatives éducatives.

 

 

Participants et Contributions

AfAS-2024 a réuni une diversité de participants de toute l’Afrique, intégrant participation en présentiel et virtuelle. Le programme comprenait des présentations, des posters et des interventions de conférenciers invités, couvrant une large gamme de sujets. Des sessions spécialisées et des ateliers ont permis des discussions approfondies et des échanges de connaissances. La conférence a également donné la priorité à la sensibilisation, engageant les communautés à travers diverses activités et mettant en avant le travail des clubs et associations en astronomie, en particulier au Maroc.

Sessions spéciales 

D’après le rapport scientifique d’AfAS-2024, la conférence comprenait 10 sessions spécialisées organisées par les sous-comités d’AfAS et les projets partenaires, chacune abordant des aspects cruciaux de l’astronomie :

  1. Observatoire SKA : Mise à jour sur la construction des télescopes, les domaines scientifiques et la planification opérationnelle.
  2. UAI-GA2024 : Préparation de la communauté astronomique africaine pour la prochaine Assemblée Générale, en mettant l’accent sur l’accessibilité, l’impact et la durabilité.
  3. Collaborations Afrique-Europe : Célébration et planification des futures collaborations en matière de recherche, d’éducation, de développement de politiques et de financement.
  4. Hackathons pour le Développement : Utilisation des hackathons pour relever les défis de développement de l’Afrique, renforcer les réseaux et former de nouveaux scientifiques.
  5. Gestion des Interactions Communautaires : Aborder les défis de communication au sein de la communauté astronomique africaine et proposer des stratégies d’engagement.
  6. Physique des étoiles variables : Avancées en physique stellaire, en se concentrant sur les étoiles variables et la prochaine conférence RR Lyrae et Céphéides.
  7. Femmes en Astronomie : Mettre en lumière les réalisations et augmenter le soutien aux femmes dans l’astronomie africaine.
  8. Sciences planétaires : Développements récents et objectif de créer une division africaine des sciences planétaires au sein d’AfAS.
  9. Éducation en astronomie : Exploration de l’engagement des étudiants et des pratiques éducatives efficaces en astronomie.
  10. Débris Spatiaux et Suivi des Satellites : Souligner l’importance des sciences spatiales et établir un réseau africain d’observation des satellites pour les débris spatiaux et les problèmes de suivi.

AfAS-2024 a mis en avant des avancées cruciales en astronomie africaine à travers ces sessions, soulignant les partenariats stratégiques et les progrès dans des domaines clés.

 

 

Sensibilisation et Engagement Public

Le comité de coordinateurs nationaux de la sensibilisation en astronomie auprès de l’Union Astronomique Internationale (IAU – OAO – National Outreach Coordinator, NOC) du Maroc, supervisé par Meriem Elyajouri, a organisé une série d’activités de sensibilisation publique pendant la conférence. Ces initiatives, alignées avec les activités du Bureau de l’Astronomie pour la Sensibilisation  (IAU OAO) en Afrique, ont offert une vitrine globale aux efforts de NOC Maroc.

 

Yassine Harrati, The little Astronomer Initiative, lauréat du concours « SSVI » et « l’Astronomie Afrique

 

Parmi les activités marquantes :

  • Espaces d’exposition : Diverses associations marocaines, telles que la Fondation Atlas Dark Sky pour la protection du ciel nocturne, l’Association d’Astronomie Amateur de Marrakech (3AM), le club astro des étudiants de l’Université Cadi Ayyad HEPAC, le club astro de l’Université Al Akhawayn, ainsi que les associations Sahara et Laayoune ont présenté leurs activités. Ces espaces ont permis de démontrer la richesse et la diversité du réseau local et d’établir de nombreux échanges et partenariats.
  • Observations et ateliers ludiques : Des séances d’observation des étoiles et des ateliers pour écoliers ont été organisés dans les régions de Marrakech, Al Haouz et Rhamna, attirant un large public et renforçant l’esprit collaboratif de la conférence. Parmi les associations locales participantes on compte : Les membres du NOC et NAEC Maroc, l’initiative digitale SpaceChat, le petit astronome’ (gagnant de la lunette RFI, SSVI et Astronomie Afrique), Asif Astronomy Club et le planétarium Zridi. 
  • Astronomy Street Show : Tenue sur la place Jemaa El Fna, cette initiative a attiré une foule nombreuse avec des observations à l’œil nu et aux télescopes et des récits de constellations en plusieurs langues.
  • Programme SpaceBus Maroc pour la Solidarité : Conçu pour soutenir les régions touchées par le séisme, ce programme a montré l’engagement du Maroc à utiliser l’astronomie comme outil de soutien communautaire et de reconstruction. 

 

Observation du ciel sur la place Jemaa el fna

 

Conclusion

La conférence AfAS-2024 a illustré l’importance de la collaboration stratégique, de l’engagement innovant et de la sensibilisation communautaire. Les sessions spécialisées, les activités de sensibilisation et les initiatives de collaboration ont contribué à faire de cet événement un succès retentissant, soulignant les avancées et les contributions cruciales des scientifiques africains dans le domaine de l’astronomie. AfAS-2024 a non seulement renforcé la position de l’astronomie africaine sur la scène mondiale, mais a également inspiré une nouvelle génération de scientifiques et d’astronomes à travers ses diverses initiatives et son engagement dans la diffusion des sciences.

 

par Kaoutar Saadi et Meriem Elyajouri

      

 

Trous Noirs et Culture Astronomique au Festival National d’Astronomie Populaire  de Constantine

Trous Noirs et Culture Astronomique au Festival National d’Astronomie Populaire de Constantine

La 19ème édition du Festival National d’Astronomie Populaire de Constantine en Algérie s’est conclue le dimanche 28 avril. Cette édition organisée par l’Association Sirius d’Astronomie en coordination avec l’Unité de Recherche en Médiation Scientifique – CERIST qui s’est déroulée sur quatre jours (25-28 avril), a vu la participation d’associations de quelque dix wilayas (Gouvernorats) du pays et de différents pays de la région. Le public était surtout Constantinois et de quelques Wilayas avoisinantes. De plus, grâce à une opération spéciale pilotée par la Direction de la Jeunesse et des Sports (DJS) de Constantine, étaient présents à la manifestation des groupes d’écoliers de toutes les communes (dairas) de la wilaya de Constantine qui sont venus par centaines, certains de zones défavorisées.

Le festival était parrainé par l’Union Astronomique Internationale (IAU), et le discours d’ouverture a été prononcé par sa présidente, la professeure Debra Elmegreen. Notons également le parrainage du festival par la Société Astronomique Africaine (AfAS) et l’Union Arabe pour l’Astronomie et les Sciences de l’Espace (AUASS). Le public fut encore cette fois massivement au rendez-vous, avec la venue de milliers de visiteurs et participants aux diverses activités, au point que certains l’ont décrit comme une « invasion », quoique fort bienvenue.

Comme d’habitude, ces festivals populaires sont centrés chaque année sur un thème particulier et le thème central cette année était « Les trous noirs : Ces montres cosmiques cachés ». La présence de participants nationaux et internationaux a rendu le festival particulièrement spécial, permettant l’échange d’expériences, d’idées et de connaissances astronomiques. Le point focal du Festival comme d’habitude est la grande exposition astronomique à laquelle participe les différentes associations et clubs à travers l’Algérie exposants leurs réalisations. Un coin spécial a été réservé à une exposition pédagogique ayant trait au thème central des trous noirs ainsi que des dernières images astronomiques de ces derniers (notamment celle du trou noir de notre galaxie en lumière polarisée).  Des stands liés à l’astronomie tels qu’une exposition de géologie (complet avec météorites) et celui sur un projet de base martienne dans le désert Algérien à Brézina par AtlasTell, étaient présents parmi d’autres encore. Etait également présenté le travail de terrain des astronomes amateurs Palestiniens avec une exposition de photos astronomiques prisent là-bas avant la dernière agression, exprimant ainsi dans une petite mesure notre solidarité avec le peuple Palestinien, en particulier avec Gaza.

Contrairement aux festivals précédents, le thème principal du festival a été abordé en parallèle pour différents publics :  des conférences pour les astronomes amateurs et le public éclairé, des ateliers sur les trous noirs et l’astronomie en général pour un public scolaire surtout (niveau du Moyen et du lycée), et des activités pour les tout  jeunes avec des sessions de dessin, la structure gonflable « Tour de  Moon » (De « Tour de Moon » Festival, UK), des jeux de connaissance géographiques et autour du thème principal.

Le programme scientifique du festival fut particulièrement riche, avec une vingtaine d’interventions sur les trous noirs, l’astrophysique, les sciences spatiales et certaines activités astronomiques ciblées de par le monde. Nous mentionnerons en particulier, les conférences plénières de Roger Davis, président de la Société Astronomique Européenne (EAS), Roger Ferlet, ancien président de la Société Astronomique de France (SAF) et d’E-HOU. Les chercheurs algériens des institutions telles que l’Agence Spatiale Algérienne (ASAL) et le Centre de Recherche en Astronomie, Astrophysique et Géophysique (CRAAG) ont également donné des conférences très bien reçues sur divers sujets. La Société Jordanienne d’Astronomie (JAS) et l’Union Arabe pour l’Astronomie et les Sciences de l’Espace (AUASS) étaient aussi présents, tout comme les représentants de cinq institutions à travers la Tunisie, avec en vedette  la « Cité des Sciences » de Tunis, et l’Association Tunisienne d’Astronomie (SAT). Nous n’oublierons pas de mentionner la participation de la Société Mauritanienne d’Astronomie, l’Université Autonome de Madrid avec notamment le professeur P. Sanchez-Blazquez, ainsi que certains astronomes très actifs d’Irak (Bagdad et Babel)… Une table ronde sur les Trous noirs très engageante a aussi été organisée  à l’Université Emir Abd-el-Kader des Sciences Islamiques le vendredi après-midi avec un panel de six astrophysiciens qui ont engagés le public au cours d’un débat animé et interactif.

Screenshot

Comme d’habitude, chaque festival voit l’édition d’un numéro spécial du magazine de popularisation des sciences en arabe (« Scientific Chiheb »), avec cette fois-ci la moitié du numéro (soit environ cinquante pages) consacrée aux trous noirs à différents niveaux d’exposition.

Il comportait notamment des interviews extensifs avec deux spécialistes mondiaux de la physique des trous noirs : Jean Pierre Luminet, qui a été le premier dans les années 90 à simuler l’image du disque d’accrétion entourant les trous noirs, image qui est ressortie exactement comme récemment imagée par l’EHT pour notre trou noir central, et la professeure Feryal Ozel, qui est l’une des investigatrices principales au télescope EHT. La version téléchargeable sera disponible  gratuitement à partir du 28 mai au lien suivant : http://mediation.cerist.dz/chiheb

En plus du programme scientifique intensif, y compris l’observation publique au télescope, les participants inscrits au festival ont apprécié des visites guidées des sites historiques de Constantine, culminant par une vue du  coucher du soleil depuis le « Monument aux Morts » surplombant la ville. La cérémonie de clôture, qui s’est tenue au magnifique auditorium de la Faculté des Arts et de la Culture de l’Université de Constantine3, le fut en beauté. Le célèbre choriste Abderahmane Bouhbila et sa chorale ont offert une performance captivante incluant un numéro de stand-up basé sur certains poèmes de Nadir Teyyar, un poète renommé au niveau national. Prof. Teyyar, mathématicien et poète était lui-même présent et a lu un émouvant poème liant les trous noirs à la tragédie en cours à Gaza. Le groupe théâtral Sirius a également impressionné le public avec leur imposante pièce intitulée « Les trous noirs : ces bêtes cachées de l’espace-temps« . La cérémonie s’est conclue par la remise de certificats de participation et l’échange de cadeaux entre participants.

Sans nul doute, ce festival fut une occasion unique pour le grand public et les jeunes d’explorer notre vaste univers et de rendre le monde énigmatique des trous noirs plus accessible. Tous attendent avec impatience le prochain Festival l’année prochaine qui en sera à sa vingtaine édition !

Jamal Mimouni, Université de Constantine 1 & CERIST

http://www.siriusalgeria.net/salon024.htm

Un burkinabé dans le monde de l’astronomie multi-messager

Un burkinabé dans le monde de l’astronomie multi-messager

Dans le vaste et captivant domaine de l’astrophysique, ma participation aux projets d’observation LIGO/Virgo/KAGRA marque une aventure scientifique remarquable. Elle me permet de contribuer significativement à l’expansion de notre compréhension de l’univers. Ma thèse de doctorat est consacrée à l’analyse des données et au développement théorique, avec pour but de faciliter l’identification conjointe d’ondes gravitationnelles et de leurs contreparties électromagnétiques. Depuis la première détection simultanée d’une onde gravitationnelle et de sa contrepartie électromagnétique en 2017, relever ce défi demeure une priorité.

 

Mon apport principal réside dans l’affinement de la précision des alertes d’ondes gravitationnelles, un aspect critique pour mobiliser rapidement les réseaux de télescopes mondiaux. Cela permet de repérer les contreparties électromagnétiques liées aux phénomènes cosmiques. Pour y parvenir, j’ai contribué à la mise à jour et au développement d’outils innovants comme NMMA (Nuclear-Multi-Messenger-Astronomy) pour l’analyse multi-messager et gwemopt (Gravitational-wave Electromagnetic Optimization) pour l’optimisation de la détection électromagnétique. J’ai également travaillé sur la mise à jour de Ligo.Skymap et l’intégration de Skyportal, une plateforme collaborative pour l’astronomie du domaine temporel.

 

Ma participation aux simulations des cycles d’observation O4 et O5 de LIGO/Virgo/KAGRA a été particulièrement enrichissante. Elle m’a permis de fournir des estimations précieuses à la communauté astronomique, aidant ainsi à la détection des contreparties électromagnétiques des événements cosmiques. Une innovation majeure de mon projet a été l’intégration de SkyPortal avec NMMA, améliorant significativement l’analyse des événements astronomiques transitoires. Cette avancée optimise les stratégies observationnelles grâce à une analyse détaillée et en temps réel des courbes de lumière, profitant à l’ensemble de la communauté astronomique.

 

Un défi particulier de ma recherche est la réduction du bruit dans les signaux détectés, un élément clé pour la détection efficace des ondes gravitationnelles. Grâce à l’utilisation de l’algorithme DeepClean, j’ai réussi à éliminer divers bruits, améliorant la détection des fusions binaires compactes par le détecteur Virgo. Cette avancée représente un pas significatif vers l’amélioration de la sensibilité du détecteur.

 

Par ailleurs, mon intérêt pour les mystères de l’univers m’a poussé à explorer les liens entre la matière noire, en particulier les trous noirs primordiaux, et les supernovae riches en calcium. Cette ligne de recherche offre des perspectives nouvelles sur des phénomènes cosmiques encore peu compris et pourrait transformer notre compréhension des processus explosifs cosmiques et de l’évolution stellaire.

 

En partageant mon parcours, je souhaite mettre en lumière l’importance de mes travaux en astrophysique multi-messager et encourager d’autres étudiants, notamment en Afrique, à se lancer dans cette quête de savoir. L’astrophysique est un domaine où chaque découverte nous rapproche un peu plus des secrets de l’univers, et je suis fier de contribuer à cette exploration scientifique.

R. Weizmann Kiendrébéogo

 

R. Weizmann Kiendrébéogo, doctorant à l’Université Joseph Ki Zerbo à Ougadougou (Burkina Faso) et au laboratoire Artémis de l’Observatoire de la Côte d’Azur (Nice, France)

Astronomie pour l’éducation dans l’espace francophone – Tunis

Astronomie pour l’éducation dans l’espace francophone – Tunis

Du 9 au 11 novembre 2023, s’est tenu à Tunis, le deuxième colloque international de l’astronomie réunissant les pays francophones.

 

Ce colloque fait suite à la première édition qui s’est tenue en 2021 en distantiel et qui avait pour objectifs, le partage des expériences de recherches et d’enseignement et la médiation pour promouvoir l’utilisation de l’astronomie pour l’éducation.

L’institut régional de formation (IRF) de la zone Maghreb-Est et le lycée français Pierre Mendès France ont abrité cette rencontre.

65 participants, tous experts en astronomie ont pris part aux échanges proposés par le comité scientifique, organisateur de cet évènement.

Contrairement à la première édition, qui s’était déroulée en conférences, ce colloque reposait sur l’animation des ateliers en groupes restreints avec la participation active de tous les membres inscrits. Au total 22 ateliers ont été réalisés impliquant chercheurs, enseignants et médiateurs. Le contenu de ces ateliers sera intégré sur le site officiel de l’Office of Astronomy for Education (OAE, Bureau de l’Astronomie pour l’Education) comme ressources éducatives.

Les productions concerneront tous les niveaux d’enseignement et toutes les dimensions des programmes liés à l’enseignement de l’astronomie dans les pays francophones. Un document commun sera publié et fera office d’ouvrage contenant les actes du colloque.

Par ailleurs, une journée de sciences participatives a eu lieu, animée par des experts en planétologie, en sciences spatiales et analyse de laboratoire. Ce panel a exposé des séquences de recherches, de découvertes scientifiques et plein d’autres projets en cours de réalisation.

Pour terminer, les séances d’observation ont eu lieu dans la nuit du vendredi 10 novembre. Les participants ont pu admirer les anneaux de Saturne sous le ciel étoilé de Tunis. Comme cerise sur le gâteau, ils ont visité le samedi matin le musée de Bardo où sont exposés de milliers d’objets du puissant empire romain.

 

Jacob Tolno / Association Guinéenne de L’astro (AGA)

Malagasy Astronomy Meeting 2023 : Astronomy in Madagascar – the Past, Present, Future

Malagasy Astronomy Meeting 2023 : Astronomy in Madagascar – the Past, Present, Future

Le tout premier meeting malgache d’astronomie a eu lieu du 13-15 Décembre 2023 à Antananarivo sous le thème “Astronomie à Madagascar : Le passé, le présent et le futur”.

L’événement a rassemblé la communauté malgache d’astronomie ainsi que toutes les principales parties prenantes pour discuter de l’état actuel de l’astronomie dans le pays et de préparer la participation des astronomes et étudiants malgache à l’assemblée générale de l’Union Astronomique Internationale en Août 2024 en Afrique du Sud.

 

Participants et invités au Malagasy Astronomy Meeting 2023

 

Ce meeting a été organisé par les membres professionnels de l’association Malagasy Astronomy and Space Science en collaboration avec l’Université d’Antananarivo, l’association d’astronomie Haikintana, IAU OAO National Outreach Coordinator et IAU OAE National Astronomy Education Coordinator pour Madagascar; et sponsorisé par IAU General Assembly – Vision 2024. Durant ces trois jours, les communications se sont orientées sur deux axes, la recherche et l’éducation/vulgarisation.

La première journée s’est divisée en plusieurs parties dont la cérémonie d’ouverture officielle, plusieurs présentations orales, une séance présentation de poster et une discussion à la fin.

 

Vice président de l’Université d’Antananarivo durant le discours d’ouverture du MAM 2023

 

La cérémonie d’ouverture s’est faite pendant la matinée. Le Vice Président de l’Université d’Antananarivo y a évoqué le grand intérêt de l’université pour les sciences de l’espace et son développement. Elle a ensuite été suivie par deux présentations, celle du Prof Minoson Rakotomalala et celle du Prof Charles Ratsifaritana, qui sont deux piliers de l’astronomie à Madagascar. Le Prof Rakotomalala M. a parlé des étapes réalisés pour mettre en place le parcours d’astronomie et d’astrophysique à l’université d’Antananarivo en 2014, il a aussi mis en avant les étudiants malgaches qui sont aller en Afrique du Sud depuis 2009 pour constituer les premiers astronomes professionnels de Madagascar. Le Prof Ratsfaritana C. a mis en lumière la participation de Madagascar au projet SKA (Square Kilometer Array) en tant que pays africain partenaire, grâce à l’antenne de 32m à Arivonimamo.

 

Respectivement les professeurs Rakotomalala Minoson et Ratsifaritana Charles

 

Cette première journée a aussi été marquée par la participation des parties prenantes et des principaux sponsors de l’astronomie à Madagascar. Le South African Astronomical Observatory (SAAO) représenté par son directeur le Prof Petri Väisänen, le South African Radio Astronomy Observatory (SARAO) représenté par sa directrice général Mme Pontsho Maruping et son résponsable de développement du capital humain et renforcement des capacités de recherche, Dr Mthuthuzeli Zamxaka qui est venu en personne, ont pris part à cela. Sans exception, ils ont parlé de l’implication et la contribution importante des étudiants et chercheurs malgaches dans le domaine de l’astronomie, particulièrement en Afrique du Sud. Le Dr Mthuthuzeli n’a pas oublié de mentionner que les malgaches font partie des meilleurs et finissent toujours à temps leurs études.

 

Intervention du Dr Mthuthuzeli Zamxaka

 

Les étudiants et les chercheurs ont aussi eu l’opportunité de présenter leurs recherches à travers des communications orales et des posters pour cette première journée.

La discussion, dirigée par le Prof Solohery Randriamampandry, s’est orientée sur la recherche ainsi que la préparation à la participation de Madagascar à l’Assemblée Générale de l’IAU en Afrique du Sud pour cette année 2024.

 

Présentation de poster faite par une étudiante en Master

 

Le deuxième jour commençait à 8h du matin jusqu’à l’après-midi. Les interventions accès sur la recherche s’étaient enchaînées dans la matinée et celles sur l’éducation et l’outreach après. A la fin de la journée, une séance de discussion a aussi pris place, des échanges se sont fait sur comment valoriser encore plus l’astronomie à Madagascar. Il a été décidé qu’une journée nationale de l’astronomie sera fixée entre le mois d’Août et Septembre de chaque année pour célébrer cette science dans le pays.

 

Présentation de Princy Ranaivomanana sur les recherches qu’il effectue pour son PhD à l’Université de Radboud et KU Leuven

 

Présentation de Mializo Razanakoto sur l’association d’astronomie Haikintana

 

Le dernier jour a aussi débuté à 8h du matin. Des présentations ont encore été données jusqu’à midi, où le discours de clôture du meeting a été donné par le Prof Rakotomalala M.. Notons que l’ambassadeur de l’Afrique du Sud résidant à Madagascar est venu assisté à cette dernière journée.

 

Les participants du MAM 2023 avec l’Ambassadeur de l’Afrique du Sud résidant à Madagascar

 

Dans l’après midi, pour vraiment terminer en beauté, une conférence pour le grand public, intitulée : “Advancing astronomy in Madagascar: our milestones, challenges, and way forward “ a été donnée par Dr Zara Randriamanakoto à l’Institut et Observatoire de Géophysique d’Antananarivo (IOGA) lieu historique où l’astronomie à débuté dans ce pays. Dans sa présentation, elle a raconté l’histoire de cette science à Madagascar, de l’arrivée des jésuites au XIXe siècle à maintenant. Elle a également mentionné les problèmes rencontrés et les défis à relever dans ce domaine à Madagascar, tels que le manque d’infrastructure et de ressources humaines, la reconnaissance du diplôme de Master . Elle n’a pas oublié de mentionner l’adhésion de Madagascar au sein de l’Union Astronomique Internationale grâce à l’association qu’elle a cofondé : Malagasy Astronomy and Space Science qui deviendra bientôt Malagasy Astronomy Society, et des efforts réalisés comme la création du premier réseaux de club d’astronomie ainsi que du premier observatoire astronomique robotisé du pays.

 

Dr Zara Randriamanakoto lors de sa conférence à l’IOGA

 

Dans son intervention, Dr Zara a aussi parlé du futur de l’astronomie à Madagascar, de ce que l’on espère faire comme l’organisation de la seconde édition du Malagasy Astronomy Meeting, l’ouverture du doctorat en astrophysique en 2025, la formation des enseignants d’écoles … et encore d’autres projets.

 

Les participants à l’IOGA après la conférence du Dr Zara Randriamanakoto

 

 

Par Andoniaina Rajaonarivelo / Haikintana Astronomy

Teacher Training Program 2023 Madagascar

Teacher Training Program 2023 Madagascar

 

Avec toutes les activités de sensibilisation mises en place à Madagascar, l’astronomie commence à toucher de plus en plus de monde dans le pays. Malgré cela, elle reste encore très peu présente dans les écoles ainsi que dans le programme scolaire. Dans l’optique d’apporter des changements à cela, les National Astronomy Education Coordinators (NAECs) de l’Office of Astronomy for Education (OAE) à Madagascar ont organisé une formation, qui s’est tenue au mois de Septembre, pour les institutrices du primaire de l’école “Le Petit Nid”. Le but de cette formation était de les initier au monde de l’astronomie et de les armer de nouvelles connaissances. Cette première partie du programme TTP 2023 (Teacher Training Program) à Madagascar, financé par IAU OAE, a été couronnée de succès, grâce à des présentations orales captivantes basées sur un guide, rédigé par les NAECs de Madagascar, offert aux institutrices et des activités manuelles engageantes.

 

 

Pour de nombreuses participantes, l’astronomie était un domaine entièrement nouveau, mais cette formation a ouvert la porte vers un univers fascinant et inexploré. Elles ont eu l’occasion d’acquérir des connaissances solides sur des concepts de base de l’astronomie tels que la notion du temps, les cycles jour-nuit, les phases de la lune, le soleil et le système solaire. Les présentations orales ont joué un rôle essentiel dans la transmission de ces connaissances. Le guide qui leur a été donné avait pour but de les aider à réaliser des activités manuelles dans leurs classes. Les présentations se sont basées sur ce guide et ont renforcé leur compréhension des concepts et leur ont aussi montré comment rendre l’apprentissage des différents concepts passionnant et accessible aux élèves à travers l’astronomie.

 

 

La formation n’a pas seulement consisté en des discours théoriques, elle a également inclus des activités manuelles engageantes. Les institutrices ont eu l’opportunité de créer des modèles tactiles de la Terre, de la Lune et du Soleil ainsi que des sabliers et une maquette de l’atmosphère. Elles ont aussi pu, pour la première fois, regarder à travers un télescope, en observant le Soleil. Le but était de leur faire vivre l’expérience que leurs élèves pourraient vivre, pour qu’elles puissent voir comment aborder ces nouvelles connaissances.

 

 

La première partie de cette formation a eu un impact significatif sur les institutrices du primaire cette école. Elles sont reparties avec un bagage de connaissances en astronomie, mais surtout avec la conviction que l’astronomie peut devenir un outil puissant pour susciter l’intérêt des élèves et les inspirer à explorer le monde qui les entoure. Les NAECs Madagascar prévoient de poursuivre cette formation en décembre avec des enseignants du secondaire issues d’autres institutions, ce qui sera un moyen d’introduire l’enseignement de l’astronomie dans les écoles, et qui sait dans le programme scolaire malgache.

 

 

En conclusion, cette première partie du TTP 2023 Madagascar a été une expérience enrichissante pour ces participantes, les préparant à intégrer des concepts d’astronomie passionnants dans leurs cours en utilisant le guide rédigé par les NAECs Madagascar comme ressource précieuse. Elle a ouvert de nouvelles perspectives pour l’éducation en stimulant la curiosité des enseignantes et en les dotant d’outils pour inspirer la prochaine génération d’explorateurs du cosmos. Cette initiative promet un avenir plus brillant pour l’éducation scientifique dans le pays, où le ciel n’est plus la limite.

 

Andoniaina Rajaonarivelo

Président d’Haikintana

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