LE MAGAZINE DES SCIENCES DE L’UNIVERS EN AFRIQUE

Une nouvelle ère pour la science planétaire africaine

Du 9 au 15 novembre 2025, le Ghana est devenu l’épicentre des sciences planétaires africaines. Pour la première fois, la conférence AICAC (Arab and Africa Impact Cratering and Astrogeology Conference) s’est tenue en Afrique subsaharienne, une réalisation historique menée par le département des sciences de la Terre de l’université du Ghana et l’Initiative africaine pour les sciences planétaires et spatiales (AFIPS), avec le soutien d’autres institutions partenaires et ONG.

L’AICAC V avait deux objectifs principaux : renforcer la communauté émergente des sciences planétaires en Afrique et utiliser un site géologique de classe mondiale comme espace pédagogique à ciel ouvert. La décision d’organiser l’AICAC au Ghana était stratégique. Il ne s’agissait pas seulement de présentations scientifiques. Il s’agissait de donner aux chercheurs, en particulier aux étudiants et aux chercheurs en début de carrière, un accès direct à un site d’importance mondiale comme le cratère d’impact de Bosumtwi et de mettre en relation les chercheurs africains avec la communauté scientifique internationale des planétologues.

Objectifs de l’AICAC V

De façon plus détaillé Le contenu va ici[/learn_more] e, la conférence avait pour but de :

– Renforcer les capacités par la formation : le programme a débuté par un atelier pré-conférence dédié. Trente-deux participants, dont une grande partie venait du Ghana et des pays voisins, ont reçu une formation pratique sur l’identification des cratères d’impact et des météorites, compétences directement applicables à la recherche sur les cratères d’impact et les météorites en Afrique.

– Mettre en valeur le patrimoine géologique du Ghana : l’excursion de quatre jours sur le site du cratère d’impact de Bosumtwi, classé au patrimoine géologique mondial par l’IUGS, a été le temps fort de la conférence. Il ne s’agissait pas d’une simple excursion géologique, mais d’une formation pratique sur le terrain au cours de laquelle les participants ont prélevé et examiné des suévites et des brèches d’impact, reliant ainsi les connaissances théoriques à la géologie de terrain et discutant du potentiel du site pour les recherches futures et le géo-tourisme durable.

– Favoriser les échanges interdisciplinaires : la conférence a fait le pont entre différentes disciplines et secteurs. Des sessions scientifiques sur les cratères d’impact, les météorites et l’exploration du système solaire ont été organisées parallèlement à une exposition technologique par la première start-up spatiale privée du Ghana, Xavier Space Solutions, et à une exposition artistique et culturelle par l’artiste béninois Jimas Ametonou, ainsi qu’à une observation du ciel. Cette approche holistique a élargi le dialogue autour des sciences spatiales.

 

La conférence a bénéficié d’un parrainage et d’un soutien essentiels. Des subventions généreuses de la Meteoritical Society et de la Barringer Crater Company ont spécifiquement financé le voyage de cinq chercheurs en début de carrière, garantissant ainsi une plus large représentation africaine. Le soutien de Celestron LLC, de l’IRD et du CNRS, du Ghana Space Science and Technology Institute (GSSTI), de la Geological Society of Africa (GSAf), de la Société astronomique française (SAF), de l’Association des jeunes géologues et environnementalistes du Sénégal (AJGES), de la Fondation ATTARIK et des autorités locales de la région de Bosumtwi a été très apprécié.

Tout le soutien apporté par les sponsors et les institutions partenaires, qu’il soit financier ou autre, a constitué un investissement dans le capital humain et a permis de légitimer et d’élargir le réseau. Il a également contribué à réduire les obstacles pour les étudiants talentueux et les jeunes chercheurs qui sont essentiels à l’avenir de ce domaine en Afrique.

La caractéristique déterminante de l’AICAC V a été le rôle dynamique des étudiants ghanéens. Ils ont participé non seulement en tant que participants, mais aussi en tant que bénévoles à part entière et contributeurs actifs. De l’aide à la logistique à la participation à des discussions techniques pendant l’atelier et l’excursion sur le terrain, leur implication a été un exercice pratique dans l’organisation de conférences dans un cadre multiculturel. Pour beaucoup d’entre eux, c’était la première fois qu’ils interagissaient avec autant d’experts internationaux en sciences planétaires. Le fait de faire partie de l’équipe organisatrice et de participer à l’excursion sur le terrain au cratère d’impact de Bosumtwi leur a montré que le domaine des sciences planétaires est actif, accessible et plein d’opportunités au Ghana.

La conférence s’est terminée par une table ronde tournée vers l’avenir, qui a abouti à une proposition officielle pour que l’Égypte accueille l’AICAC VI dans les deux ans. Cela garantit la continuité de la dynamique créée à Accra.

L’AICAC V a démontré qu’avec une collaboration stratégique entre des initiatives panafricaines telles que l’AFIPS et des institutions locales engagées telles que le département des sciences de la Terre de l’université du Ghana, le Ghana peut accueillir avec succès des conférences scientifiques de niveau mondial. En donnant la priorité à la formation, en tirant parti des atouts locaux uniques et en impliquant activement la prochaine génération, la conférence a fait plus que partager des recherches : elle a semé les graines d’une communauté scientifique planétaire durable et en pleine croissance en Afrique.

Pour en savoir plus, consultez le livre des résumés et les programmes de la conférence et explorez la galerie de photos en visitant le site web de l’AICAC V https://aicacv.org/.

Images prises lors de l’atelier préliminaire et de la conférence, montrant (a, b) des photos de groupe des participants à l’atelier et à la conférence, respectivement ; (c, d) des participants à l’atelier en train de réaliser des activités pratiques ; (e, f) un échantillon des participants lors d’une séance d’exposés oraux et aux expositions, respectivement ; (g, h) des participants à la soirée d’observation du ciel. Crédits photos : Département des sciences de la Terre, Université du Ghana.

 

Excursion sur le terrain après la conférence : (a) bloc de suévite à environ 1 500 m au nord du bord du cratère, (b) bloc de suévite, même emplacement que (a), (c) affleurement de brèche d’impact mis à nu par une tranchée routière, situé à l’est du cratère, au sommet du bord du cratère, (d) coupe routière exposant des métasédiments du Supergroupe du Birimien, située sur le bord du cratère vers l’entrée nord-ouest de celui-ci, (e) brèche altérée de métasédiments du Birimien située à environ 10 km du centre du cratère, à la lisière des dépôts d’éjectas, (f) vue d’ensemble du cratère d’impact de Bosumtwi depuis le nord-ouest, au sommet du bord du cratère, en regardant vers le nord-est. Crédits photos : (a, c, d) Myriam Telus, (b) Cheikh Ahmadou Bamba Niang, (e) Wassim Fitouri, (f) Marian Selorm Sapah.

Article rédigé par le Dr Marian Selorm Sapah, président du comité d’organisation de l’AICAC V, traduit par Pétanki Soro, Université Félix Houphouët-Boigny, participant à l’AICAC V

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