Du 17 au 25 juillet 2026, la quatrième édition de Madagascar sous les étoiles a réuni scientifiques, enseignants, artistes, enfants et passionnés autour d’un même objet : le ciel. De l’Université d’Antananarivo aux activités scolaires de Mahajanga, en passant par Antsirabe et Antsiranana, le festival poursuit une évolution commencée à Mahajanga en 2023 : faire de l’astronomie un véritable espace de culture scientifique à Madagascar.

File d’attente à l’Institut Français de Madagascar. Photo : Mianoka Andriamandroso
Organisé par Haikintana, avec la Société Astronomique de France (SAF) et AFIPS, le festival s’est déroulé cette année autour du thème « Origines, débuts et commencement ». Le programme a proposé une progression assez naturelle : comprendre les débuts de l’Univers, ceux du Système solaire, puis revenir à une histoire beaucoup plus proche de nous, celle de l’astronomie à Madagascar.
De l’Université d’Antananarivo à l’IFM
À l’Université d’Antananarivo, le vendredi 17 juillet, deux conférences ont permis d’aborder la question de l’exploration de notre environnement cosmique. David Baratoux, planétologue à l’IRD et membre d’AFIPS, a présenté « À quoi ça sert d’explorer notre Système solaire ? », tandis qu’Andoniaina Rajaonarivelo, astronome à l’Observatoire Astronomique Écoles du Monde Madagascar, a proposé « Pourquoi faire de l’astronomie à Madagascar ? ». Les conférences ont été proposées à l’ENS d’Ampefiloha puis à la Xylothèque du MBEV à Ankatso, où elles ont été suivies d’une observation du ciel.

David Baratoux et Andoniaina Rajaonarivelo à l’ENS Tana. Photo : ENS Tana
Le lendemain, c’est l’Institut Français de Madagascar qui accueillait la principale journée de programmation à Antananarivo. Dès le matin, les enfants pouvaient participer à l’atelier « Dessine-moi une constellation », tandis que deux sessions de Stellarium permettaient de découvrir le ciel en trois dimensions. Un Astro Quiz, des projections de films et différentes activités complétaient la journée.
L’après-midi, la conférence « Les premiers instants de l’Univers, du Système solaire et de l’astronomie à Madagascar » réunissait Jean-Christophe Hamilton, David Baratoux et Andoniaina Rajaonarivelo. Trois niveaux de lecture pour un même thème : l’Univers primordial, la formation de notre voisinage planétaire, puis l’histoire et les perspectives de l’astronomie dans le contexte malgache.

Conférence avec J.C. Hamilton, D. Baratoux et A. Rajaonarivelo à l’IFM. Photo : Mianoka Andriamandroso
Un astronaute à Madagascar, même à distance
À 17 heures, la salle de conférence de l’IFM accueillait ensuite l’un des moments les plus attendus de cette édition : « Hubble, le défi et la récompense », une rencontre avec Claude Nicollier, astronaute et astrophysicien suisse ayant notamment participé aux missions de réparation du télescope spatial Hubble.
La rencontre, retransmise dans les différentes villes du festival, a donné une dimension particulière à cette édition. Pour les jeunes participants, entendre directement un astronaute raconter une partie de son expérience permet de rapprocher un univers qui paraît souvent très lointain.
Dans un pays où les carrières scientifiques et spatiales restent encore peu visibles, ce type de rencontre possède une valeur qui dépasse la simple vulgarisation : elle permet d’imaginer que l’on peut, soi aussi, prendre part à l’aventure scientifique.

Visio conférence avec Claude Nicollier à l’AF Antsiranana. Photo : Haikintana Antsiranana
Une programmation qui voyage
Le programme du samedi à Antananarivo a également été répliqué à Antsirabe et Antsiranana, donnant au festival une dimension véritablement nationale.
Cette volonté de sortir de la capitale est importante. Si l’objectif est de développer une culture astronomique durable, il ne suffit pas de multiplier les activités à Antananarivo. Il faut progressivement créer des occasions de rencontre avec l’astronomie dans différentes régions du pays.

Observation du ciel à l’AF Antsirabe. Photo : Haikintana
Retour à Mahajanga
Le festival s’est ensuite poursuivi à Mahajanga du 23 au 25 juillet, dans la ville où l’aventure avait commencé quelques années plus tôt sous le nom de Majunga sous les étoiles.
À Écoles du Monde Madagascar, les enfants ont participé à des activités astronomiques mais aussi à la préparation d’un spectacle. Le travail réalisé avec eux a ensuite donné lieu à une représentation théâtrale à l’Alliance Française de Mahajanga, transformant les enfants en véritables acteurs du festival.

Enfant d’Ecoles du Monde après l’atelier de constellation en 3D. Photo : Haikintana
La créativité occupait également une place importante à Mahajanga avec un concours d’écriture sur le thème « Ma place dans l’univers » et un concours de dessin et peinture autour de « Moi et l’univers ».

Exposition d’Art à l’AF Mahajanga. Photo : Haikintana
Ces activités montrent une autre manière de transmettre l’astronomie. Le ciel peut être étudié avec un télescope ou expliqué dans une conférence, mais il peut aussi être raconté, dessiné ou mis en scène.

Enfants lors des observation du Soleil à l’AF Mahajanga. Photo: Haikintana
Après le passage à l’échelle nationale en 2025, l’édition 2026 a fait le choix d’un format plus resserré. Non pas un recul, mais un temps de consolidation : maintenir la dynamique, renforcer les collaborations et préparer la suite.
Avec son impact auprès du public, des jeunes et des acteurs scientifiques et culturels, cette édition aura ainsi posé les bases de la cinquième édition, prévue en 2027, avec l’ambition d’aller encore plus loin.
Après quatre éditions, Madagascar sous les étoiles n’a plus seulement un rendez-vous à faire vivre : il a désormais un mouvement à faire grandir.
Article écrit par :
Andoniaina Rajaonarivelo
Association Haikintana
